À l’heure où vous lisez ces lignes un crapaud gobe un insecte, un virus se glisse dans une cellule et en change le patrimoine génétique, un coquillage fait le tour de la planète accroché à un supertanker, une plaine humide est envahie par une crue, une femelle chimpanzé apprend à son petit à se servir d’une brindille pour attraper des termites. Autant d’événements piochés parmi des milliards d’autres qui, chacun à leur échelle, infléchissent le cheminement de l’évolution du vivant.


Le mot évolution revêt de nombreux sens en fonction du contexte dans lequel il est utilisé. Cette multitude conduit à bien des incompréhensions quand il s’agit d’aborder ce sujet dans le cadre du vivant. Quand nous parlerons ici d’évolution, c’est d’un processus et d’une théorie dont il sera question.

Un processus
Un processus de changement perpétuel auquel est soumis le vivant. Un processus qui n’admet pas de jugement de valeur, où aucune espèce n’est supérieure ou plus évoluée qu’une autre. Un processus dans lequel l’homme n’a pas une place à part. Un processus qui, partant de la variabilité des organismes, aboutit au foisonnement de la vie sur notre planète. Un processus qui produit aussi bien de la régularité que du changement. Un processus qui n’a jamais de fin, tant qu’il y a du vivant.


Dans les pas de Darwin

Une théorie
Une théorie générale de la biologie, de la paléontologie et de l’anthropologie qui se nourrit de faits observés par les chercheurs et les relie entre eux pour comprendre l’évolution du vivant. Par le passé, de nombreuses théories ont voulu expliquer la multiplicité du vivant. Aujourd’hui, une seule est considérée comme valide : la théorie darwinienne de l’évolution.

Les principes essentiels qui la régissent ont été énoncés par Darwin en 1859 dans son livre De l’origine des espèces. Avec cette théorie, il tentait de répondre à plusieurs questions : pourquoi rencontre-t-on de la régularité à grande échelle chez les êtres vivants alors que le changement à petite échelle est permanent ? Pourquoi et comment certains changements à grande échelle se stabilisent-ils ? Sa réponse : par la sélection naturelle.

Cette théorie a ensuite été mise à l’épreuve par les avancées scientifiques faites depuis 150 ans avec, notamment, la découverte des gènes et de l’ADN, l’embryologie ou la construction de phylogénies. Malgré le bond incroyable fait par les sciences, le principe de la sélection naturelle reste aujourd’hui valide.

Pourquoi parle-t-on de théorie ?
On parle de théorie parce qu’il ne s’agit pas ici d’une explication figée ou définitive de l’évolution. Elle est la synthèse la plus cohérente possible qui a pu être déduite des faits observés et des connaissances scientifiques actuelles. Il reste cependant des questions en suspens, des fragilités. Cette théorie sera toujours améliorable et évoluera au fil des recherches, des questionnements et des découvertes, même si les principaux axes qui l’étayent ont prouvé leur solidité.