Pourquoi la grenouille de dard de poison est-elle bleu vif ? Pourquoi les lycaons nourrissent-ils leurs petits et ceux des autres membres de la meute sans distinction ?


La sélection naturelle se mesure au nombre de descendants que produit une variation. S’ils sont héritables, les traits qui auront le plus de chances d’être représentés à la génération suivante sont ceux qui permettent de :

  • capter des ressources : c’est l’aptitude qui est souvent la plus connue. Elle peut être illustrée par le combat que se livrent des grizzlis (Ursus arctos horribilis) pour avoir accès à une rivière poissonneuse et constituer les réserves de graisse qui leur permettront de passer l’hiver.
  • échapper à ses prédateurs : le cheval (Equus caballus) fait preuve de rapidité et d’endurance pour pouvoir fuir ses prédateurs. Le phasme feuille de Java (Phyllium bioculatum) et le phasme bâton (Carausius morosus) se confondent avec les plantes qu’ils habitent. La grenouille de dard de poison (Dendrobates azureus) arbore des couleurs éclatantes pour prévenir les prédateurs du poison qu’elle sécrète.
  • attirer le sexe opposé : être capable d’avoir des descendants, c’est d’abord avoir accès au sexe opposé. L’exemple le plus connu est la magnifique queue du paon (Pavo cristatus) mâle qui lui accorde les faveurs des femelles mais le rend vulnérable aux prédateurs.
  • tirer parti d’une association entre espèces : ce peut être une relation symbiotique, par exemple, les mycorhizes qui se forment entre les racines des plantes et les champignons, ou de parasitisme qui est l’un des phénomènes les plus répandus du vivant.
  • tirer parti d’associations au sein même de l’espèce : pour Darwin c’est là que se trouve l’origine de la coopération, de l’entraide, et même de la compassion. Chez les lycaons, les adultes se relaient pour aller à la chasse. À leur retour les chasseurs régurgitent leur butin pour leurs petits et ceux des autres indifféremment, ainsi que pour les "baby-sitters".
  • générer de la variation : multipliant ainsi les chances d’une population de s’adapter à son environnement en augmentant le nombre d’"essais-erreurs". C’est le phénomène constaté avec les "mauvaises herbes" qui deviennent résistantes aux pesticides.

La compétition et la coopération
Comme vous pouvez le constater, la sélection naturelle produit de la compétition mais aussi de la coopération. Cette première relation est souvent mise en avant quand on parle d’évolution. Cependant la coopération a joué un rôle déterminant au cours de l’évolution du vivant. En témoigne le microbiote que nous abritons dans notre système digestif. Les 100 000 milliards de micro-organismes (bactéries, levures, virus), qui le constituent, assurent en partie notre survie en tant qu’individus.