Œuvre de Claude Viallat, 1989. Filet élastique rouge et nœuds trempés bleu, 500 x 900 cm, présentée par la Galerie Bernard Ceysson, Paris, Saint-Étienne, Genève, Luxembourg | (OFF)ICIELLE


Dans l’œuvre de Claude Viallat, la répétition de la forme va de pair avec le nouage à intervalles réguliers de cordes. Les nœuds s’y intègrent tels des avatars en relief de la forme identifiante et générique qui peuple de ses innombrables variétés les toiles de l’artiste. Les cordes nouées impliquent les filets qui, eux-mêmes, impliquent les cordes nouées. Suspendus, les mailles des filets “figurent” l’absence de la forme, sa présence évidée, suggérée par son contour évoque par les cordes nouées organisant le maillage du filet. Ce maillage met en exergue le fil et son nouage, à l’origine du tissage et du tressage, c’est-à-dire les structurations primaires de l’abri, du vêtement et de l’architecture première des sédentaires. Mais il propose une organisation souple, pragmatique de la nature et du réel, opposée à l’ordre implacable, norme, des quadrillages générateurs de la perspective et des appareils de contrôle et de visée.