Depuis 10 ans, des milliers de volontaires photographient pour le Spipoll les insectes pollinisateurs dans leurs jardins ou au cours de leurs promenades, apprenant à reconnaître une biodiversité insoupçonnée tout en contribuant à la recherche scientifique.

Le Spipoll (Suivi photographique des insectes pollinisateurs) est un observatoire de sciences participatives du programme Vigie-Nature copiloté par le Muséum national d’Histoire naturelle et l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie). En une décennie, le Spipoll a donné lieu à de nombreux résultats scientifiques mais aussi perfectionné ses outils, avec notamment le lancement d’une nouvelle application.

Plus d’un million de portraits en 10 ans

Depuis le lancement de l’observatoire en 2010, plus de 2 000 participants ont envoyé 450 000 photos. Au total, 1 385 240 insectes ont été observés sur plus d’un millier d’espèces de plantes. Plus de 500 taxons (espèces ou groupes d’espèces) sont représentés dans ce gigantesque trombinoscope : des abeilles, des guêpes, mais aussi beaucoup de mouches, des scarabées…

Parmi les participants, des centaines de bénévoles passionnés, les « Spipolliens », contribuent régulièrement, échangent entre eux et participent à la validation des identifications. En 10 ans, le site internet a ainsi vu défiler plus de 80 000 commentaires…

De nombreux résultats scientifiques

L’analyse de ces milliers de données a fourni des résultats originaux. Les chercheurs ont ainsi notamment observé que les pollinisateurs ne tolèrent pas tous la ville, à l’instar des papillons, des scarabées ou encore des coccinelles. En revanche, les espèces dites « généralistes » comme les guêpes ou l’abeille domestique, capables de se nourrir et de se reproduire grâce à plusieurs variétés florales communes en ville, s’y adaptent mieux.

Les résultats montrent aussi que les pollinisateurs profitent des réseaux de jardins. Au sein des zones urbanisées, c’est dans les jardins publics qu’on rencontre la plus grande diversité ; celle-ci est plus importante encore lorsqu’ils sont entourés d’une grande surface d’autres jardins.

Les chercheurs ont également constaté que le programme permettait un apprentissage rapide dans la reconnaissance des pollinisateurs grâce à l’utilisation des outils d’identification mais aussi aux échanges avec les experts et les autres participants. Ainsi, après seulement 25 photos publiées, 95 % des bénévoles identifient avec certitude l’abeille domestique parmi plus de 100 possibilités, contre 65 % en début de participation…

Le Spipoll lance son application smartphone

Le Spipoll se dote aujourd’hui d'une nouvelle application mobile pour smartphone et tablette (Android, iOS). Cette application propose plusieurs outils qui facilitent la tâche de l'observateur et sont conçus pour s'adapter parfaitement à l'écran du smartphone : elle permet de prendre en photo les insectes pendant les 20 minutes réglementaires, de trier et recadrer les photos, d'identifier des insectes mais aussi de se géolocaliser ou de prendre des notes. Elle permet aussi d’identifier la plante suivie grâce à PlantNet, un outil d’identification automatique. Chacun peut ainsi aisément récupérer et traiter les informations essentielles à la participation. Bien sûr, pour les personnes souhaitant utiliser un appareil photo externe, le site spipoll.org, refondu récemment, fonctionne toujours.

L’application a été développée avec le soutien du Réseau de transport et d'électricité (RTE), la Fondation Nature et Découvertes, la Région Île-de-France et l'Office français de la biodiversité.

Plus d'informations sur le site de Spipoll


Contacts presse

Muséum national d’Histoire naturelle
presse [@] mnhn.fr
Flore Goldhaber : 01 40 79 38 00
Samya Ramdane : 01 40 79 54 40
mnhn.fr

Opie
mathieu.deflores [@] insectes.org
Mathieu De Flores : 01 30 44 51 28
insectes.org


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