Cofinancé par l’Etat, la région Bretagne, le Conseil général du Finistère, l’Europe (FEDER), l’Ifremer et le Muséum national d’Histoire naturelle, le programme PIDETOX du Contrat de Projet Etat-Région Bretagne (2007-2013) a pour objectifs principaux l’identification morpho-génétique de microalgues potentiellement toxiques, la création d’une base de données de ces microalgues et d’une banque d’échantillons d’ADN de référence.

C’est dans ce cadre qu’a eu lieu le rapprochement des moyens humains et des compétences du laboratoire Environnement Ressources de l’Ifremer de Concarneau et de la Station de Biologie marine du Muséum national d’Histoire naturelle de Concarneau, ainsi que l’acquisition et la mutualisation d’équipements.

Deux ailes de la Station de Biologie marine du Muséum ont ainsi été entièrement réaménagées pour ce projet. La première aile de 280 m² héberge depuis quelques semaines une quinzaine de personnes de l’Ifremer de Concarneau (8 bureaux, 6 laboratoires) et la seconde aile de 167 m² est dédiée aux équipes du Muséum et aux laboratoires de recherche communs (2 bureaux, 9 laboratoires). La surface totale des locaux réaménagés est de 549 m² répartis sur 2 niveaux. L’opération de rénovation a été financée à hauteur de 600 000 euros, dont 150 000 euros sur les fonds propres de l’Ifremer, 400 000 euros pour la région Bretagne et l’Etat et 50 000 euros pour le Conseil général du Finistère. Ces nouveaux locaux ont été inaugurés ce matin.

Une base de données des microalgues toxiques

Les microalgues, ou phytoplancton, sont des organismes à la base de la chaîne trophique marine et producteurs d’une molécule d’oxygène sur deux que nous respirons au quotidien. Sur les quelque milliers d'espèces connues à travers le monde, une centaine est considérée comme toxique. Elles le sont notamment par la production de toxines dangereuses pour la faune marine et pour l'alimentation humaine. Ces microalgues sont une composante normale de tous les environnements aquatiques mais s’avèrent potentiellement déstabilisantes pour certaines activités économiques (activités récréatives et activités maritimes commerciales). Ainsi, les phénomènes d’efflorescences de microalgues toxiques, en rendant les coquillages impropres à la consommation et donc en entraînant des arrêts de commercialisation, ont des conséquences économiques très importantes.

Les travaux de l’équipe de recherche mixte Muséum-Ifremer répondent également aux besoins de connaissance en matière de biodiversité marine et sur l’évolution de l’environnement. En effet, les pressions anthropiques et le changement climatique dérèglent la composition et les caractéristiques physico-chimiques des milieux. Les échanges maritimes s’intensifient et favorisent la dispersion planétaire des espèces. Ainsi, l’équipe de recherche a découvert et décrit trois nouvelles espèces du genre Prorocentrum dans les eaux du sud Finistère. Ces découvertes ont fait l'objet de publications et, depuis, la communauté scientifique internationale a noté la présence de certaines de ces espèces dans d'autres lieux (ex : le golfe Persique).

La première étape dans l’étude de la biodiversité consiste à identifier des espèces. L'identification des microalgues toxiques est essentiellement basée sur l'analyse de critères morphologiques en microscopie optique. Mais, aujourd’hui la génétique est un complément indispensable à la caractérisation des espèces. L’objectif de l’équipe de recherche mixte Muséum-Ifremer est donc d’aboutir à une véritable base de données de critères morphologiques et de séquences génétiques des microalgues toxiques.

L’équipe de recherche a ainsi développé une compétence rare dans l’analyse moléculaire en travaillant sur une seule cellule isolée (single cell) sous microscope afin d’en extraire son ADN. Cette maîtrise a permis la caractérisation d’une centaine de microalgues issues du milieu naturel, soit 150 séquences génétiques validées à ce jour. Une base de données DATAMALTAX “Data on Micro Algae TAXonomy” a été constituée et rassemble pour chaque espèce ses informations morphologiques et moléculaires.

PIDETOX (Pôle d’IDEntification des microalgues TOXiques) vise également à fournir les souches nouvelles de microalgues aux banques de cultures et aux laboratoires travaillant sur leur valorisation (pharmacologie, cosmétologie,…). Les nouvelles espèces décrites offriront peut-être des solutions pour demain dans ces domaines. La suite envisagée de PIDETOX est la création d’un Groupement de Recherche mixte Muséum-Ifremer sur l’impact des microalgues sur les populations marines côtières. Les impacts seraient étudiés sur quelques espèces d’intérêt commercial, notamment sur leur vie larvaire et planctonique.

 

Base de données DATAMALTAX © MNHN

Base de données DATAMALTAX © MNHN


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