Limiter l'usage des combustibles fossiles serait bénéfique à la fois à la biodiversité, à la santé humaine et au climat

Notre survie est aujourd’hui mise en péril par trois menaces majeures : le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution chimique. Ces menaces sont plus étroitement liées entre elles qu’il n’y parait de prime abord de par leur origine commune, les combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz). 

Les dérivés des combustibles fossiles sont majoritairement utilisés dans les secteurs de l’agriculture (diesel, pesticides et engrais) et de l’industrie pétrochimique (produits de consommation dont plastiques, détergents…). Leur production et leur utilisation ont des effets délétères directs sur l’environnement et le changement climatique (dégradation des écosystèmes, perte de biodiversité, émission de gaz à effet de serre). De plus, certaines molécules chimiques issues de ces produits peuvent perturber le système hormonal humain : il s’agit des perturbateurs endocriniens. L’augmentation massive de la production chimique depuis 1950 a ainsi conduit à un fort accroissement de l’incidence de maladies non-infectieuses - diabète, cancers du système reproducteur, maladies neuro-développementales… - qui représentent un véritable danger et coût financier pour la société.

Barbara Demeneix du laboratoire Physiologie Moléculaire et Adaptation (Muséum national d’Histoire naturelle / CNRS) soutient qu’en réduisant notre dépendance aux combustibles fossiles via notamment l’investissement dans les énergies alternatives (solaire, éolienne, géothermique) et le renforcement de la recherche sur des produits chimiques moins nocifs et biodégradables, nous pourrions inverser la crise climatique actuelle, limiter la perte de biodiversité et la pollution chimique et ainsi améliorer le bien-être environnemental et la santé humaine. La pandémie de Covid-19 a conduit temporairement à la réduction des émissions de CO2 mais aussi à une chute du prix du pétrole. Il faut être vigilant à ce que l’industrie des combustibles fossiles n’augmente pas sa production pétrochimique pour compenser ses pertes liées à la production de carburant.

Référence

Barbara Demeneix. How fossil fuel-derived pesticides and plastics harm health, biodiversity, and the climate. The Lancet Diabetes & Endocrinology. 21 mai 2020. http://www.thelancet.com/journals/landia/article/PIIS2213-8587(20)30116-9/fulltext

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