Les projets d’aménagement en France détruisent la biodiversité sans réélles mesures compensatoires.

Une équipe de chercheurs du Centre d’Écologie et des Sciences de la Conservation (Muséum national d’Histoire naturelle – CNRS – SU), et du laboratoire Écologie Systématique Évolution (AgroParisTech, CNRS, Université Paris-Sud), vient de publier des conclusions inattendues sur l’application des mesures compensatoires pour la biodiversité dans le cadre de projets d’aménagement en France. Dans 80% des cas, ces mesures ne compensent pas les destructions des milieux naturels.

Les résultats montrent que dans seulement 20% des cas, les maîtres d’ouvrage « compensent » leurs travaux sur des espaces à restaurer : zones agricoles intensives (17%) ou espaces très dégradés. Ici, les mesures prises produisent très probablement un gain écologique. Ce qui n’est pas le cas pour les 80% restants qui consistent à préserver des milieux déjà de bonne qualité. Du bureau d’étude aux maîtres d’ouvrages en passant par les administrations, les procédures débouchent aujourd’hui sur des compensations à minima, souvent en milieu naturel (forêts, bois, prairies). Ici le potentiel de gain écologique est nettement moins important. Les mesures compensatoires ne sont, en conclusion, pas suffisamment exigeantes. Elles ne sont pas à la hauteur de l’ambition du texte de loi et ne permettent pas un retour concret de la biodiversité contrebalançant les effets des projets d’aménagements en France.


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