Il y a 150 ans, Armand David, dit «le Père David», missionnaire et scientifique envoyé par le Muséum national d’Histoire naturelle, découvrait le panda de Chine.

Il en fit la première description scientifique et envoya les premiers spécimens sur le sol européen, une femelle adulte et un jeune. Ces deux individus, considérés comme les référents scientifiques (dits types) sont aujourd’hui visibles par le grand public dans l’emblématique et émouvante salle des espèces menacées et disparues. Cette nouveauté s’inscrit dans le Parcours Chineprésenté actuellement sur l’ensemble du Jardin des Plantes.

Le panda géant, une découverte majeure en Occident

Né en 1826 à Espelette (Pyrénées-Atlantiques), Armand David est naturaliste, botaniste mais aussi évangélisateur etmembre de la congrégation des lazaristes. En 1862, Henri Milne-Edwards, directeur du Muséum, sollicite l’aide des missionnaires pour inventorier les espèces animales et végétales de Chine, à cette époque encore très mal connues en Occident. C’est ainsi que le Père David est désigné pour une mission à Pékin où il observe notamment Elaphurus davidianus (le cerf du Père David) dans le Jardin impérial de la Cité interdite.

Il mène ensuite, jusqu’en 1874, trois expéditions dans différentes provinces chinoises. Il recense, collecte et envoie ainsi au Muséum pas moins de 2919 plantes, 9569 insectes, arachnides et crustacés, 1332 oiseaux et 595 mammifères.

C’est au cours de sa mission dans la région du Sichuan, en 1869,qu’il observe deux spécimens d’une nouvelle espèce d’ours noir et blanc, une femelle adulte et un jeune. Il publie alors dans le bulletin des Nouvelles archives du Muséum la première description du panda géant à partir de ces deux individus. Ces derniers, désormais exposés dans la salle des espèces menacées et disparues, au sein de la Grande Galerie de l’Évolution, constituent la série type de l’espèce Ailuropoda melanoleuca (David, 1869), référence mondiale pour les scientifiques.

Une espèce vulnérable

On recense aujourd’hui moins de 2000 individus sur la planète, vivant soit à l’état sauvage dans les réserves naturelles et parcs nationaux chinois, soit en captivité dans des parcs zoologiques hors de la Chine.

Malgré les différentes mesures prises par le gouvernement chinois depuis les années 1980 pour protéger l’espèce (loi sur la protection des animaux sauvages en 1988, création de réserves naturelles...) et la légère augmentation des effectifs depuis une dizaine d’années, le panda géant reste une espèce vulnérable (Liste rougemondiale des espèces menacées de l’UICN). L’activité humaine provoque en effet la diminution et la fragmentation des forêts de bambous qui constituent à la fois son habitat et sa principale source de nourriture.

La salle des espèces menacées et disparues, un espace exceptionnel

La présentation de ces deux spécimens historiques s’inscrit dans la volonté du Muséum de sensibiliser le public aux enjeux de conservation de cette espèce et, plus généralement, de la biodiversité.

Installée au 2ème niveau de la Grande Galerie de l’Évolution depuis sa réouverture en 1994, la salle des espèces menacées et disparues présente près de 250 espèces d’animaux et végétaux qui ont vu leur population décliner fortement ou disparaître en raison de l’action humaine. Cet espace à l’ambiance feutrée a bénéficié en 2018 d’un nouvel éclairage, offrant ainsi une expérience de visite unique.

Le parcours Chine

Cet été, un parcours met à l’honneur dix espèces végétales et animales chinoises présentes sur le site du Jardin des Plantes (Arbre aux mouchoirs, Buddleia de David, Clématite d’Armand...), la Ménagerie (cheval de Przewalski, panda roux, panthère des neiges...) et la Grande Galerie de l’Évolution (panda géant naturalisé).