Jardin des Plantes
Communiqué de presse

Remise du label « Arbre remarquable » au Jardin des Plantes de Paris

Le Jardin des Plantes, site du Muséum national d’Histoire naturelle, invite les passionnés de nature et de plantes à venir redécouvrir 5 arbres exceptionnels de ce site historique : le pistachier, le cèdre du Liban, le sophora du Japon, le platane d’Orient et le cerisier du Japon. Chefs-d’œuvre végétaux, ils bénéficieront le 22 juin de la remise du label « Arbre remarquable ».

Lumière sur 5 monuments vivants du Jardin des Plantes

Ce label sera remis par l’association A.R.B.R.E. Créée en 1994, elle a pour objectif de recenser, protéger, sauvegarder et apporter une meilleure connaissance de la valeur patrimoniale des arbres. Depuis l’an 2000, l’association attribue des labels « arbre remarquable » à des sujets exceptionnels afin d’en motiver la préservation. Les lauréats du jardin, au nombre de 5, ont tous une histoire dont le « témoignage » est inestimable.

À 315 ans, il est l’un des plus vieux êtres vivants du Muséum

Il s’agit d’un Pistachier Pistacia vera L issu de graines rapportées par Tournefort (illustre botaniste) lors de son voyage au Levant en 1702. Haut de 9 mètres, il est planté dans l'ancien carré des semis actuellement Jardin alpin. Sébastien Vaillant (également botaniste au Jardin Royal des Plantes médicinales) utilisa au début du XVIIIe siècle ce pistachier pour démontrer la sexualité des végétaux auprès de ses pairs. Il prit du pollen (considéré alors comme un excrément de la plante) sur les fleurs de cet arbre et pollinisa un pistachier femelle planté dans le jardin des apothicaires à quelques rues de là. C’est ainsi qu’il déclencha sa fructification quelques semaines plus tard. Le plus vieux sujet est un robinier faux-acacia Robinia pseudoacacia planté en 1636 par Vespasien Robin au Jardin des Plantes qui s’appelait alors Jardin du Roy.

Il a voyagé dans le chapeau de Bernard de Jussieu

Il s’agit d’un Cèdre du Liban Cedrus libani A.Rich. âgé de 283 ans et haut de 18 mètres. En 1734, Bernard de Jussieu (toujours un illustre botaniste) rapporta d'Angleterre, deux plants de cèdre du Liban qui lui avaient été donnés par le banquier anglais Peter Collinson. L'histoire raconte que, peu avant son arrivée au Jardin des Plantes, le pot se cassa et que les deux petits cèdres finirent leur voyage dans le chapeau de Bernard de Jussieu. L'un d'eux fût planté dans le labyrinthe du Jardin des Plantes l'autre en Seine-et-Marne mais ce dernier disparu en 1935.

Un inconnu du Japon qui vient de Chine

C’est un Sophora du Japon Styphnolobium japonicum (L.) Schott âgé de 270 ans et haut de 22 mètres. Il est issu de graines envoyées à Bernard de Jussieu au Jardin du Roy en 1747, par le révérend père d'Incarville (missionnaire à Pékin). Ces graines sont arrivées sous la mention « arbor incognita sinarum » autrement dit « arbre chinois inconnu ». Cet arbre est bien originaire de Chine et non pas du Japon.

Un arbre déjà admiré sous l’Antiquité

C’est le Platane d'Orient Platanus orientalis L. âgé de 232 ans et haut de 27 mètres. Il s’agit d’un des trois platanes plantés sous Buffon en 1785. Ce platane, qui peut atteindre des dimensions impressionnantes, suscitait déjà l’admiration dans l’Antiquité et les Romains l’introduisirent en Sicile en 390 avant J.-C.

Le dernier né de nos arbres remarquables

Le Cerisier du Japon Prunus groupe Sato-zakura « Shirotae » est le dernier né avec ses 57 ans et aussi le plus petit avec seulement 3,85 mètres de hauteur mais d’une envergure pouvant aller jusqu’à 18 mètres. Cet arbre au port tabulaire, et à fleurs blanches, doubles et délicatement parfumées fut planté autour de 1960. Sa floraison printanière (de fin mars à début-avril) est remarquable par son abondance. Prunus est le nom latin du prunier et dériverait du grec « proumnon » (= prune). Il fut appelé « Shirotae » en référence à la couleur de ses fleurs (blanche neige en japonais).

Cerisier japonais regardé par des promeneurs

Cerisier japonais

© MNHN - F.-G. Grandin
Le « pistachier de Vaillant ». Semé en 1702, ce pistachier (Pistachia vera) a permis à Sébastien Vaillant (1669-1722) de démontrer que les plantes se reproduisent sexuellement, grâce au dépôt de pollen sur les fleurs.

Le « pistachier de Vaillant ». Semé en 1702, ce pistachier (Pistachia vera) a permis à Sébastien Vaillant (1669-1722) de démontrer que les plantes se reproduisent sexuellement, grâce au dépôt de pollen sur les fleurs.

© MNHN - B. Jay
Photo d'un Cèdre du Liban

Cèdre du Liban

© MNHN
Le Sophora du Japon. Doyen des sophoras en Europe, il arriva en 1747 sous forme de graines envoyées par un religieux, jésuite, en mission en Chine. On ne sut que plus tard qu'il s'agissait d'un Styphnolobium japonicum.

Le Sophora du Japon. Doyen des sophoras en Europe, il arriva en 1747 sous forme de graines envoyées par un religieux, jésuite, en mission en Chine. On ne sut que plus tard qu'il s'agissait d'un Styphnolobium japonicum.

© MNHN - F.-G. Grandin

Contact presse

Jardin des Plantes
Jérôme Munier
01 40 79 54 42
munier [@] mnhn.fr

Notes de bas de page