Le réseau des herbiers de France regroupe des institutions nationales, universitaires, municipales ou associatives qui travaillent à l’informatisation de leurs collections sur un outil commun, la base de données Sonnerat/BryoMyco. Elle résulte de la fusion de Sonnerat consacrée aux plantes vasculaires (et fut nommée en l’honneur du botaniste Pierre Sonnerat) et de BryoMyco consacré aux cryptogames non vasculaires et aux champignons.


Gestion des collections végétales sèches

La gestion des collections végétales sèches obéit à des pratiques internationales non écrites qui se sont forgées à la fin du XVIIIe siècle. Elle s’appuie sur la répartition des spécimens dans les herbiers. Ainsi, tous les systématiciens ont envoyé et envoient encore leurs plantes dans de nombreux établissements. Le terme de "double", consacré par l’usage, est peut-être mal choisi. Il conviendrait de parler plutôt de matériel complémentaire, issu d’un même individu (ou d’une même station dans le cas des plantes herbacées).

La comparaison avec le système en cours dans les bibliothèques est pertinente. En effet, les notices bibliographiques sont enrichies par le pool des bibliothèques qui travaillent à l’informatisation de leurs catalogues. Une notice peut être utilisée pour "exemplariser" un ouvrage présent dans plusieurs bibliothèques. Ainsi, les spécimens d’une même "récolte" partagent comme les livres d’une même édition, de nombreuses données en commun : récolteur, date de récolte, localité, descriptions écologiques etc.

Il résulte de cette pratique une histoire commune de l’ensemble des échantillons. Informatiser l’herbier de Paris ou de Nancy, par exemple, c’est aussi mettre à la disposition de la communauté scientifique des données de récoltes qui intéressent de nombreuses collections.

Nombre de spécimens
L’index herbariorum qui recense les herbiers du monde, avoue 23 millions de spécimens dans les collections françaises. Ce nombre est certainement largement inférieur à la réalité, car l’index est loin d’être complet. L’inventaire attentif des herbiers de la région Rhône-Alpes réalisé par Andrine Faure montre en effet que seuls 4 % des herbiers figurent dans cet index. Il est vrai cependant que "les grosses collections" y sont répertoriées.
Par ailleurs, plusieurs projets d’inventaires des collections en régions sont en cours. Citons en particulier ceux coordonnés par l’association Tela Botanica pour la région Languedoc-Roussillon et par le Muséum d’Aix-en-Provence pour la région PACA.

Informatiser est une entreprise de longue haleine
Un technicien bien formé peut entrer dans la base environ 80 spécimens par jour. On comprendra donc l’importance de mettre en place le plus rapidement possible les procédures qui vont permettre d’augmenter la vitesse de saisie. La mise en commun des moyens en fait naturellement partie.

Mise en évidence du matériel commun entre les institutions
Exemple des Campanulaceae
La famille des Campanulaceae a été choisie pour tester les récoltes communes entre Paris et Nancy. 12 % des récoltes sont communes aux deux collections. Ceci est loin d’être négligeable.

Avantages de la mise en commun des moyens
La base de données SONNERAT sous ORACLE et l’interface JACIM qui permet de l’utiliser sont les fruits d’un travail et d’échanges réguliers entre les informaticiens et les botanistes. Ceci nous a permis d’avoir un outil, qui, s’il n’est pas parfait, se révèle adapté (expérience des botanistes) et évolutif ("veille" technologique des informaticiens). Par ailleurs, les procédures de sauvegarde mises en place par le DSI (Direction des services informatiques du Muséum national d’Histoire naturelle) (y compris un stockage hors site) permettent au Muséum national d’Histoire naturelle d’assurer la sauvegarde des données. Si le Muséum national d’Histoire naturelle met ses moyens informatiques à la disposition du réseau, les moyens en développement des autres partenaires sont naturellement bienvenus.

Fonctionnement et évolution du réseau
Le réseau fonctionne sur la base d’une série de conventions bipartites entre le Muséum et chacune des institutions gestionnaires d’un herbier. Les données entrées restent la propriété de chacun, à l’exception de celles qui seront partagées entre plusieurs institutions, comme des récoltes communes, des noms de plantes etc.

L’organe qui définit les orientations est un comité de pilotage comprenant un représentant de chaque partenaire. Les demandes d’adhésion sont à envoyer à Marc Pignal (pignal@mnhn.fr).

Le comité est un lieu de discussions ouvert où les participants font état de l'avancement de leurs projets et de leurs souhaits d’évolution de la base. En 2008, le réseau s’est élargi à nos collègues du Maroc : l’institut scientifique de l’université Mohamed V de Rabat.

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Pour mieux comprendre SUDOC : article Wikipédia

Notes bibliographiques
Faure A., Bange C., Barale G., Danet F., Dutartre G., Fayard A., Guignard G., Pautz F., Poncet V. & Ronot P., 2006a - Herbiers de la Région Rhône-Alpes, 1ère partie : Bilan. Jardin botanique de la ville de Lyon. 88 p., 28 fig.

Faure A., Bange C., Barale G., Danet F., Dutartre G., Fayard A., Guignard G., Pautz F., Poncet V. & Ronot P., 2006b - Herbiers de la Région Rhône-Alpes, 2epartie : Catalogue. Jardin botanique de la ville de Lyon. 348 p.


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