Dans le cadre de ses missions, le Muséum d’histoire naturelle de Toulon et du Var (MHNTV) conserve des collections botaniques uniques de part leur intérêt historique, scientifique et esthétique. Les parts d’herbiers proviennent pour l’essentiel de la zone méditerranéenne française, notamment du Var et de Provence, ainsi que d’Afrique du Nord.


Les herbiers couvrent une période allant de 1760 à nos jours ; ils ont quasiment tous été acquis par dons. Le nombre de spécimens est estimé à 45 300.
Ces collections se déclinent en quatre catégories :

  • 14 herbiers de trachéophytes (86,5 %)
  • 7 herbiers de "cryptogames" (10,9 %) : bryophytes, lichens et algues
  • 3 herbiers mycologiques (2,2 %)
  • la carpothèque et la xylothèque (0,4 %)

Le MHNTV dispose des herbiers des principaux botanistes qui ont marqué l’histoire de la botanique varoise :

  • herbiers historiques : Louis Gérard, Abel Albert (comportant plus de 500 parts d’Émile Jahandiez), Léon Mercurin, Paul Lamar, Baron de Fonscolombe, André de Crozals et Marcellin Mouret
  • herbiers contemporains : Roger Cruon & Yvette Orsini

Parmi les herbiers de trachéophytes conservés, le Muséum a le privilège de conserver l’herbier pré-linnéen du médecin botaniste Louis Gérard (1733-1819), qui a été élaboré par le botaniste tout au long de sa vie. Il est incontestable que Gérard se soit appuyé sur son herbier pour rédiger la première flore de Provence (en latin), Flora Gallo Provincialis et publiée en 1761.
Cet herbier, constitué de 3 476 parts est d’une grande valeur patrimoniale, notamment pour sa dimension technique et culturelle. Hélas, d’un point de vue strictement scientifique, cette collection est difficile à exploiter : les diagnoses (en latin) utilisés pour décrire les plantes sont obsolètes et les étiquettes ne comportent presque aucune indication de localité ni de date (inférieur à 50 parts).

Le très bel herbier de Léon Mercurin vaut également d’être signalé. Il est constitué de 1 946 parts réparties dans 27 tiroirs en bois et 4 boites (type classeur). Léon Mercurin (1898-1994) était un amateur de botanique qu’on peut qualifier d’éclairé, tout autant que d’esthète. Entre 1925 et 1988, il récolte une importante quantité de plantes dans le Midi méditerranéen de la France, notamment dans le Var (67 %).
La forte originalité de son travail réside dans le soin apporté à la technique de préparation. Parmi les botanistes, c’est assurément un modèle alliant science et esthétisme !

Parmi les herbiers de cryptogame deux collections de référence sont à noter. Tout d’abord, l’alguier Mouret (1881-1915) compte 254 parts. Marcellin Mouret s’adonne très tôt à l’étude des algues marines de Provence, territoire sur lequel il rédige un catalogue (Annales de la Société d’histoire naturelle de Toulon, 1911). À travers le monde, de nombreuses espèces végétales – tant chez les phanérogames que les cryptogames – lui ont été dédiées et portent le nom de moureti.

Le Muséum possède également l’herbier d’André de Crozals (1861-1932) riche de plus de 3 000 spécimens de bryophytes au sens large (mousses, lichens, hépatiques) et de champignons. Ces travaux portaient essentiellement sur l’Hérault (d’où il est originaire) et sur le littoral varois où il découvre plus de cinquante espèces dont plus d’une vingtaine lui seront dédiées sous les noms Crozalsiana ou Crozalsii.

Index herbarium

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Contacts
Ludovic Charrier, Adjoint au Conservateur – responsable des herbiers
lucharrier@cgvar.fr
François Dusoulier, Conservateur du Muséum
fdusoulier@cgvar.fr

Herbier Gerard Typus de Bupleurum gerardi MHNTV © MHNTV