Le patrimoine est fragile. Il est un bien culturel qui participe à la transmission de la mémoire de la nature, de l’Homme et de son activité. La perte et la destruction de ces biens sont des atteintes aux fondements même de la connaissance de notre univers.


Le pari de la préservation du patrimoine naturel
Une civilisation se définit par son patrimoine dans lequel se réalisent l’enracinement des individus et leur socialisation. Ainsi le Muséum est un lieu où se fait le lien entre ceux qui regardent ce patrimoine et ce qu’il représente. La mission du Museum est de préserver le patrimoine naturel et culturel pour les générations futures. Les parcs et jardins s’organisent en réseaux afin de préserver le patrimoine génétique des espèces vivantes. Pour les collections de minéraux, de roches et des organismes prélevés dans la nature, tout est mis en œuvre pour leur conservation dans les meilleures conditions. En plus de ralentir l’œuvre du temps sur la matérialité de certains objets, le Muséum travaille aussi à conserver leurs données immatérielles.

Protéger grâce à la loi
Les objets prélevés dans la nature sont des originaux au même titre que des œuvres d’art. Ils sont uniques car chaque représentant d’une espèce est unique dans l’espace et dans le temps. L’heure n’est plus à la collecte systématique. Il s’agit de procéder avec méthode, dans le respect des réglementations qui limitent les prélèvements sauvages dans la nature. L’enrichissement des collections doit tenir compte tant des lois de la protection de la nature que du respect des nations qui sont gestionnaires de leurs habitats. Si la convention de Washington, qui encadre le commerce des espèces, pèse sur la collecte et la circulation des objets naturels à l’échelon international, les accords de Rio et Nagoya accordent aux nations les droits sur leurs ressources génétiques. Aujourd’hui, une commission d’acquisition s’assure que la collecte pour le Muséum se fait dans la meilleure observance des règlementations nationales et internationales avant d’en faire un patrimoine.

Gérer et fixer les priorités
Les collections d’histoire naturelle sont immenses : les coûts de gestion et de conservation peuvent très vite devenir prohibitifs. Comme il est matériellement impossible de tout conserver, les collections doivent être constituées et gérées dans le cadre d’une politique cohérente et prospective qui prend en compte les besoins des générations futures. Cette politique d’enrichissement des collections nationales fait l’objet d’un plan pluriannuel et d’une feuille de route annuelle.

Conserver un capital fragile
Le mode de conservation varie selon la nature des spécimens et l’usage qui en sera fait. En zoologie, par exemple, un même animal peut être conservé en liquide de conservation, en peau, en squelette ou monté dans une position de vie... Les ennemis communs à toutes les collections restent le désordre, l’absence de marquage, la consultation sans soin. Certains dangers sont spécifiques aux différents types  d’objets. Quelques exemples : les gemmes, les pierres précieuses doivent être mises à l’abri des chocs et des... convoitises certains minéraux doivent être protégés de la lumière, d’autres de l’air ou de l’eau certaines météorites craignent les contaminations par l’oxygène, l’eau ou la matière organique les roches n’apprécient ni les manipulations brutales, ni l’eau ni la poussière, tandis que les carottes de sédiments marins souffrent de la dessiccation. Les fossiles craignent les dégagements maladroits, parfois l’oxygène les restes humains ou animaux peuvent être détruits par une simple manipulation les plantes redoutent l’humidité ou les vrillettes qui les dévorent tous les animaux conservés en liquide, particulièrement en alcool, craignent l’acidification les objets façonnés ne résistent ni à l’entassement, ni à l’humidité, ni aux mites et aux chocs...