L’ichtyologie, ou l’étude des poissons, regroupe historiquement au moins trois ensembles de vertébrés : les poissons osseux (Osteichthyes) ; les poissons cartilagineux (Chondrichthyes) ; et deux ensembles d’agnathes. Les poissons osseux forment le groupe le plus diversifié en nombre et en forme chez les vertébrés.


Présentation
La collection d’ichtyologie regroupe quelque 500 000 spécimens (130 000 lots) qui représentent près de 14 000 espèces valides, soit environ la moitié des espèces décrites. Les spécimens proviennent du monde entier, des eaux douces et marines, des lacs d’altitude jusqu’aux abysses, de l’Arctique à l’Antarctique en passant par les zones tropicales. Les spécimens sont majoritairement conservés en alcool, naturalisés en herbier, ou montés sur socle. L’intérêt scientifique incontestable de la collection est sa richesse en spécimens types (plus de 20 000). Un certain nombre de ces types ont été référencés dans une série de publications initiée par L. BERTIN en 1939 : les catalogues de types de poissons du Muséum national d’Histoire naturelle (liste des catalogues). Ils sont en grande partie disponibles sous forme de tirés-à-part.

Acanthurus leucopareius (Jenkins, 1903)

<em>Acanthurus leucopareius</em> (Jenkins, 1903), par christophe-rosenstiehl

Historique
La collection nationale de poissons du Muséum, constituée dès le XVIIIe siècle (vers 1750), est l’une des plus importantes et plus anciennes au monde. Depuis les 20 dernières années, elle s’enrichit en permanence avec près de 12 000 spécimens par an. La base de données GICIM, qui signifie "Gestion Informatisée des Collections Ichtyologiques des Musées d’histoire naturelle de France" inclut, depuis juillet 1998, les données sur tous les poissons enregistrés en collection au Muséum national d’Histoire naturelle et les données sur les spécimens-types en collection au Muséum d’histoire naturelle de Lyon (MHNL), au Muséum d’histoire naturelle de La Rochelle (MHNLR), au Musée océanographique de Monaco (MOM), au Musée zoologique de Strasbourg (MZS) et à l’Université Claude Bernard, Lyon I (UCBL). GICIM fut créée en 1982.
Toutes ces informations sont reprises dans différents réseaux de bases de données internationaux auxquels collabore l’équipe, notamment FISHBASE, FISHNET, ENHSIN et dans le GBIF.

Activités
La principale activité des conservateurs de la collection nationale, au cours des dernières années, a été l’informatisation et la mise en ordre de la collection, la publication de catalogues de types, l’incorporation des données provenant des autres musées d’histoire naturelle de France et la coordination avec des bases de données internationales, et plus particulièrement avec FISHBASE, dont le Muséum est membre du consortium, en coopération avec plusieurs grands musées du monde et le GBIF. Les collections d’ostéologie, de tissus et d’otolithes ont également été informatisées. Chacune de ces collections contient environ 1 000 échantillons. D’autre part, de nombreuses photos et radios sont en cours de numérisation.

L’équipe met spécimens et informations à disposition des chercheurs du monde entier, soit au cours de visites, soit par prêt, pour des études taxinomiques, biogéographiques, écologiques et d’anatomie comparée. Elle prête également des spécimens de valeur historique ou pédagogique indéniable pour la réalisation d’expositions publiques. Chaque année, de nombreux visiteurs (français ou étrangers) fréquentent la collection d’ichtyologie du Muséum afin d’examiner les spécimens en collection, pour des durées allant de quelques jours à plusieurs mois. Depuis 2000 plus de 41 000 lots ont été mis à disposition et plus de 3 000 demandes ont été traitées.

L’équipe de la collection d’ichtyologie travaille essentiellement sur les espèces :