Les mammifères sont apparus il y a 225 millions d'années et ont cohabité un long moment avec les dinosaures. On compte actuellement 5 500 espèces réparties sur tous les continents. Au Muséum, ils font l’objet d'une des plus anciennes collections au monde.


Présentation
La collection de mammifères comprend plus 130 000 spécimens, dont plus de 1 500 types. Elle est constituée de spécimens mis en peau, de squelettes ou de crânes, de montages sur socles et d’animaux conservés en fluides. Elle s’organise en plusieurs fonds, tels que l’anatomie comparée et la zoologie (comprenant les mammifères et les oiseaux). Ces fonds sont aujourd’hui localisés à proximité des équipes de recherche, dans la réserve des grands spécimens, à la zoothèque, à la Grande Galerie de l’Évolution, à la Galerie d’Anatomie comparée ou en espace de stockage hors-site. Des collections de pièces anatomiques en fluides, de prélèvements de tissus en alcool, d’ossements provenant de pelotes de régurgitation et de cellules cryopréservées sont également disponibles pour des analyses moléculaires et des études anatomiques. L’informatisation de la collection de mammifères est en cours.

Historique
L’objet le plus ancien, visible dans la Galerie d’Anatomie comparée, est un os attribué, à l'époque de Louis XIII, à un géant et dont Daubenton a démontré en 1762, grâce à l’anatomie comparée et sans avoir jamais vu cet animal, qu’il provenait d’une girafe. Les plus anciens spécimens datent du milieu du XVIIIe siècle. Il reste une vingtaine de mammifères du temps de Buffon, dont Jocko, son chimpanzé apprivoisé. Les collections rapportées par les grandes expéditions françaises de la première moitié du XIXe siècle, comme celles du "Naturaliste" et du "Géographe" (capitaine N. Baudin), de "L’Uranie" (L. de Freycinet,), de "La Coquille" (I. Duperrey), ou encore de "L’Astrolabe" (J. Dumont d’Urville) figurent parmi les contributions les plus importantes. Il en va de même pour les spécimens collectés par M. Lamotte, F. Petter et G. Dubost au XXe siècle. Cette collection s’enrichit en permanence, de plusieurs centaines, voire milliers de spécimens par an, en particulier grâce à l’activité des scientifiques du Muséum.

Activités
Ces collections sont à vocation principalement scientifique, pédagogique et muséographique. Les montages de mammifères et les squelettes sont présentés au public lors d’expositions. Sur le plan scientifique, les collections sont notamment utilisées en systématique, biogéographie, écologie, archéologie, paléontologie, morphologie fonctionnelle et anatomie comparée. Les prélèvements de tissus, ainsi que les spécimens, constituent une source d’ADN pour des études de phylogénie et de génétique. Ces collections sont mises à la disposition des chercheurs du monde entier, soit au cours de visites, soit par prêt, et mentionnées dans de nombreuses publications scientifiques. Au cours des dernières années, les principales activités de conservation de la collection nationale ont concerné son informatisation, l’incorporation de nouveaux spécimens, l’accueil des visiteurs, la gestion des prêts, l’expertise dans le cadre des trafics d’animaux protégés et la coordination avec des bases de données internationales.