Les collections d’invertébrés constructeurs concernent des organismes divers qui sont aptes à créer des reliefs sous-aquatiques à l’échelle macroscopique.


Présentation
La plupart des organismes regroupés sous le nom d’invertébrés constructeurs secrètent un squelette minéralisé, majoritairement en carbonate de calcium, parfois très épais et peuvent adopter un développement colonial. La fixation, l’agglomération et le recouvrement de ces sécrétions minérales conduisent à la formation de bioconstructions. A une échelle planétaire, les récifs coralliens illustrent bien ce type de processus. Les collections d’invertébrés constructeurs comptent plutôt des formes de vie assez simples (porifères, cnidaires) représentés aussi bien par des squelettes entiers que par des éléments squelettiques de soutien, comme des spicules. Aujourd’hui un consensus semble se dégager pour intégrer aux porifères, au côté des éponges siliceuses et des éponges calcaires, des groupes fossiles aux affinités systématiques longtemps discutées, comme les archéocyathes, les chaetétidés et les stromatopores, qui pourraient alors ne représenter que divers types d’organisation. Cependant ce sont les coraux (Cnidaria, Anthozoa) qui caractérisent au mieux la notion d’organismes constructeurs et ils sont particulièrement bien représentés dans les collections  avec pas moins  de 4 300 types ou figurés et plusieurs dizaine de milliers de spécimens (y compris des lames minces).

Historique
Comme pour toutes les collections muséales, la richesse des fonds rassemblés dépend étroitement des travaux menés, notamment au Muséum, au cours des temps. Depuis la constitution des collections historiques de coraux au XIXe siècle (Michelin, de Fromentel, Milne Edwards, Ferry…), références obligées pour des études systématiques, l’enrichissement a ensuite été constant avec de nombreux travaux de chercheurs affiliés au Muséum (Alloiteau, Chevallier, Beauvais, Gill, Lafuste, Sémenoff, Chaix…). En ce qui concerne les porifères, la collection de loin la plus conséquente au sein du Muséum est celle des archéocyathes provenant du Cambrien de l’ensemble du globe. Avec 600 types et figurés il s’agit d’une des plus importantes collections au monde, surtout constituée autour des recherches de Françoise Debrenne au Muséum. Un site internet créé par Adeline Kerner leur est consacré : www.infosyslab.fr/archaeocyatha.

Activités
Les collections d’invertébrés constructeurs sont alimentées à la faveur de dons, legs et achats, ainsi que de collectes sur le terrain surtout réalisées dans le cadre de programmes de recherche propres au Muséum (Actions thématiques du Muséum). Elles sont disponibles pour la recherche fondamentale en systématique, paléoécologie et paléobiogéographie. Le matériel et les informations, exploités par des chercheurs du monde entier, soit grâce à des visites, soit par prêt, servent également de support à de nombreux travaux publiés.