Sphecoptera brongiarti est un insecte pouvant faire du vol stationnaire dès le Carbonifère ! Le spécimen, type de l’espèce Sphecoptera brongniarti, est préservé avec les ailes étalées de chaque côté du corps.


Taxonomie

Nom scientifique Sphecoptera brongiarti Meunier, 1908
Règne Animal
Embranchement Arthropodes
Classe Insectes
Ordre Megasecoptera
Famille non déterminée
Genre Sphecoptera
Espèce brongiarti
Ère géologique Paléozoïque
Période géologique Carbonifère
Date de récolte Fin du XIXe siècle
Pays France
Région Auvergne
Localité Commentry
Auteur Meunier, 1908

Cette orientation indique que les ailes, du vivant de l’animal, étaient gardées écartées. C’est un trait spécifique des insectes paléoptères, comme les libellules et les éphémères. Mais cette espèce n’est qu’un très lointain cousin de ces insectes : elle appartient au groupe des Mégasécoptères, connus depuis la base du Carbonifère supérieur (-320 millions d’années) et qui n’ont plus de représentants après le passage Permien/Trias (il y a environ 250 millions d’années).

Ces insectes possédaient un rostre leur permettant de se nourrir de sève, ainsi que de très longs cerques (de longs filaments à l’extrémité postérieure du corps). Ces derniers sont rendus visibles sur le spécimen présenté grâce à une préparation récente, qui a aussi révélé les parties distales des ailes gauches. Ces cerques devaient avoir un rôle stabilisateur en vol. Les Mégasécoptères ont eu des formes d’ailes très variées, mais généralement caractérisées par un pétiole (i.e. une base étroite) et une forme très allongée. Cette forme a été associée à un type de vol particulier associant une vitesse maximale faible à une grande manœuvrabilité. Elle permettait aussi d’actionner les ailes des deux paires avec une anti-phase marquée. On considère donc que ces insectes étaient capables de faire du vol stationnaire, une capacité rare à cette époque.

Comme pour les autres insectes fossiles de Commentry, le patron de coloration est préservé en niveaux de gris. Celui de Sphecoptera brongniarti est considéré comme « disruptif », c’est-à-dire qu’en vol, dans la pénombre de la forêt houillère, la silhouette de l’insecte devait être rendue plus difficile à délimiter pour un prédateur volant, telles que les libellules, qui peuplaient déjà les cieux.


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