Malgré le nombre imposant d’espèces d’insectes, leurs fossiles ne se rencontrent que dans peu de gisements dispersés tant sur le globe que dans le temps. Leur fossilisation a été facilitée par leur squelette externe. Une des différentes formes de fossilisation, l’inclusion dans l’ambre, a été largement vulgarisée dans un film de science-fiction des années 1990, Jurassic Park.


Présentation
Les recherches actuelles sur les insectes fossiles ont permis de réunir une des plus importantes collections d’inclusions dans les ambres, mais aussi sur laminites lacustres mésozoïques et tertiaires. Elle comprend actuellement 30 000 insectes fossiles dans des sédiments lacustres et 20 000 dans des ambres, avec 10 % de types et figurés, surtout originaires de France et 600 fossiles du Crétacé de diverses localités étrangères.
Une base de données destinée aux chercheurs est en cours de constitution. Elle présente la localisation des fossiles, leur identité (ordre, famille, genre, espèce) et leur statut (type, figuré). Pour l’heure, 5 % de la collection est informatisée. Les types et figurés d’insectes fossiles sont également intégrés dans la base de données des types d’Invertébrés fossiles de l’unité de Paléontologie. Cette base est liée à une bibliographie des publications anciennes.

Histoire
La collection d’insectes fossiles repose sur un fonds historique du XIXe siècle, comprenant des Insectes parmi les premiers décrits, autour de 1830. Elle s’est augmentée depuis 20 ans d’un facteur supérieur à 10. Elle comprend des fossiles sur sédiments lacustres et dans des ambres, de toutes époques depuis le Carbonifère (- 300 millions d’années). Le fonds ancien concerne principalement le Carbonifère supérieur avec la plus importante série au monde d’insectes de Commentry (Allier, France), dont la célèbre libellule géante Meganeura monyi. Cette série est majoritairement composée de groupes-souches des blattes, des sauterelles, grillons & criquets, des libellules & demoiselles, ainsi que de groupes éteints. La collection compte plusieurs centaines de spécimens.
Les insectes de Commentry ont été récoltés à la fin du XIXe siècle dans des exploitations de charbon à ciel ouvert. Les publications scientifiques démarrent avec C. Brongniart, de 1878 à 1893. Bien que spectaculaires, avec la description de la libellule géante Meganeura monyi, ces travaux ne sont que les premiers balbutiements d’un nouveau champ de recherche. Au début du XXe siècle F. Meunier prend le relais et érige un grand nombre de taxons. Par la suite le matériel fera l’objet de nombreuses révisions, notamment par F. M. Carpenter, de 1943 à 1964, et par André Nel et Olivier Béthoux, au cours des années 2000, qui conduiront à une réduction drastique du nombre d’espèces reconnues, et à de nouvelles considérations sur les affinités réelles de ces insectes.
De par sa qualité de préservation, le matériel de Commentry est privilégié par les auteurs de vulgarisations scientifiques. Par ailleurs, les incertitudes sur les affinités de plusieurs de ces espèces très anciennes amènent régulièrement des scientifiques à réviser ce matériel, à la lumière de découvertes récentes dans d’autres gisements.

Activités
La collection permet des recherches en systématique et phylogénie des Insectes, en biogéographie et paléoécologie. Les études en cours se poursuivent à un rythme moyen de 25-30 publications par an. Le Pr Brongniart a beaucoup contribué à l’accroissement de la collection, entre 1880 et 1895. Les collectes récentes sont le résultat des recherches bénévoles menées entre 1980 et 2000, et des fouilles financées par Lafarge-Granulat dans un gisement à ambre en région parisienne. Des fouilles sont en cours dans de nouveaux gisements du Permien supérieur de Lodève, et du Crétacé inférieur des Charentes et de Provence.

Contacts
André Nel, Professeur et co-responsable des prêts
anel@mnhn.fr
Tél. +33(0)1 40 79 33 85

Olivier Béthoux, Maître de Conférences et co-responsable des prêts
obethoux@mnhn.fr
Tél. +33(0)1 40 79 30 61