Les fluorites rouges sont très rares…


Identité du spécimen de collection


Découvert le 21 juillet 2006 dans les aiguilles vertes du massif du Mont-Blanc en Haute-Savoie, ce spécimen a la particularité de présenter une association d’une exceptionnelle rareté de deux minéraux typiques des géodes des montagnes de Chamonix : la fluorite rouge et le quartz enfumé.

Outre la qualité minéralogique et de la beauté du spécimen récolté, cette association spectaculaire est le premier objet d’histoire naturelle a être classé « bien culturel d’intérêt patrimonial majeur » , une belle victoire pour l’ensemble du patrimoine géologique national. C’est la Fondation Total qui l’a acquise et donnée au Muséum pour enrichir les collections nationales de minéralogie.

Cet échantillon a été baptisé « Laurent », en hommage à Laurent Chatel, compagnon de cordée de l’inventeur de l’échantillon qui a fait une chute mortelle en août 2005 alors qu’ils cherchaient ensemble des cristaux.
« Laurent » nous renseigne sur les conditions de sa formation et sur l’histoire géologique des Alpes : lors de la formation du massif, des fluides hydrothermaux circulent dans des fentes. Ils puisent dans la roche environnante (ici un granite) des éléments (Si, Ca, F …) qui vont cristalliser dans les espaces (futurs « fours »).

D’abord la silice sous forme de quartz puis le fluorure de calcium, sous forme octaédrique (donc 400° C). Des substitutions chimiques se font dans le quartz et dans la fluorite. La radioactivité du granite va « activer » la couleur liée à ces éléments, colorant en rouge la fluorite et « enfumant » légèrement le quartz (donc, vers 225° C). Avec la surrection des Alpes, les cristaux remontent dans leur four et, protégés de l’érosion et de la lumière, attendent d’être mis à jour par l’érosion ou par un cristallier.

Cet échantillon fait actuellement partie de l’exposition Trésors de la Terre.

Autres spécimens de la collection

Nom vernaculaire Fluorite et Quartz fumé dite « Fluorite Laurent »

Fluorite
Fluorite
Nom issu du latin « fluere » signifiant « s’écouler », en allusion à son comportement au point de fusion. Espèce décrite en 1529 par Agricola Georgius (1494-1555), minéralogiste allemand.
non définissable car déjà connue des Anciens.
patum vitreum, calx fluorata, spath fluor
CaF2
Cubique
Incolore, blanc, bleu, vert, jaune, violet, rose
Transparent à translucide
Vitreux
Blanc
Cristaux bien formés en cubes, en octaèdres
4
3,18
III - Halogénures
Fluorite
3/A.08-10
3.AB.25
Massif du Mont-Blanc, Aiguille Verte, Haute-Savoie, France