Les éponges sont des animaux composés de deux couches de cellules séparées par un gel contenant des cellules mobiles. Elles sont exclusivement aquatiques et vivent généralement fixées au fond. On les trouve à toutes les profondeurs, depuis la surface jusqu’à plus de 5 000 m de fond et à toutes les latitudes.


Présentation
La collection de Porifères, riche de plus de 20 000 lots, est constituée de plusieurs sous-collections. La majorité des spécimens sont conservés en alcool à 70° après fixation initiale par le formol, avec seulement une petite partie de spécimens récemment entrés dans la collection fixés et conservés dans l’alcool. Certaines collections sont conservées à sec. C’est le cas de la collection Lamarck et des grands spécimens. Enfin certaines espèces ne sont présentes que par les préparations microscopiques de leurs spicules et leurs coupes anatomiques (charpentes).

Le fichier établi par C. Lévi de toutes les espèces de Porifères décrites depuis 1758 jusqu’à 2002, ainsi que celui des préparations de spicules des espèces conservées au Muséum et dans quelques collections étrangères sont consultables sur place. La liste des spécimens identifiés et des collections non examinées (matériel d’étude) est également à disposition des chercheurs. Une base de données est en cours de constitution pour le catalogue de la collection Topsent.

Historique
Les collections historiques datent de la fin du XVIIIe siècle, avec les premières collections naturalistes de Jean-Baptiste de Lamarck contenant des spécimens du cabinet Turgot et de certains herbiers du XVIIe siècle. La collection Lamarck concerne surtout les éponges d’Australie (côtes ouest et sud), rapportées par Péron et Lesueur, et celles des Antilles, récoltées par Maugé. De 1820 à 1880, une quarantaine de collections d’importances variées et d’origines géographiques très diverses (Duchassaing et Michelotti, Michelin) ont été déposées au Muséum National d’Histoire Naturelle. Beaucoup d’entre elles n’ont pas encore été étudiées à ce jour, sauf la collection Lamarck étudiée par E. Topsent. Spongiologue éminent, Emile Topsent a commencé l’étude des Spongiaires vers 1886 et l’a poursuivie toute sa vie, jusqu’après la Seconde Guerre mondiale. Il a étudié les spécimens, conservés à Monaco, des Campagnes Océanographiques du Prince Albert, et a donné au Muséum beaucoup de collections (Côtes de France, Antarctique, Mer Rouge, Indo-Pacifique) et une partie de ses nombreux types, ainsi que sa collection de préparations microscopiques (environ 4 000 lames de spicules et de charpentes) et sa bibliothèque.

Arrivé au Muséum en 1966, Claude Lévi a étudié diverses collections, notamment celles d’Afrique du Sud, et celles du navire  Calypso. De nombreuses collections sont venues s’intégrer à celle du Muséum : celles postérieures à 1966, parmi lesquelles les collections de Spongiaires littoraux et bathyaux de Nouvelle-Calédonie, ainsi que celles des expéditions océanographiques françaises dans l’océan Atlantique (campagnes Thalassa et Biaçores) et dans l’océan Indien (Musorstom). Toutes les préparations de spicules réalisées alors par C. Lévi (environ 4 000) jusqu’aux années 2000 s’ajoutent à celles de Topsent, déjà enregistrées.

Il en est de même pour les collections étudiées par J. Vacelet (éponges hypercalcifiées, éponges de Méditerranée, de Madagascar, éponges carnivores, soit plus de 150 types), par N. Boury-Esnault (Méditerranée, îles Kerguelen, Açores, Brésil)), et par R. Borojevic (éponges calcaires). Les dons continuent d’enrichir les collections du Muséum : matériel d’étude provenant de Terre Adélie et Antarctique (collection Arnaud et Vacelet),  de la région de Madagascar et du canal du Mozambique (collection Vacelet et Vasseur) types de nouvelles espèces de Méditerranée et des Antilles (Perez, Ereskovsky…).

Activités
Les collections Topsent, Lévi, Vacelet et Boury-Esnault sont très consultées, pour la recherche en systématique. La collection Lévi de Démosponges de Nouvelle-Calédonie est une référence pour les études faunistiques dans l’Indo-Pacifique. Les collections de spécimens Hexactinellides et de Démosponges ‘Lithistides’ constituent également une référence de premier ordre, utile en particulier aux paléontologues.

Contact
Isabelle Domart-Coulon, conservatrice et responsable des prêts
icoulon@mnhn.fr
Tél. +33(0)1 40 79 48 08