Les coraux, méduses, gorgones et anémones sont des cnidaires. Ces animaux sont caractérisés par la présence de cellules urticantes (ou cnidoblastes). Abondantes au niveau de leurs tentacules, ces cellules urticantes servent à paralyser leur proie et à se défendre. Certains cnidaires sont dangereux pour l’Homme.


Présentation
La collection de cnidaires du Muséum présente quatre groupes : les Hydrozoaires, les Octocoralliaires, les Hexacoralliaires et l’ensemble des Méduses.
La collection comprend environ 80 000 spécimens conservés en bocaux dans de l’alcool ou à sec, sous lames histologiques et en herbiers pour certains hydraires et gorgones. Elle regroupe des spécimens anciens provenant de l’ensemble des océans. Une partie de la collection de Scléractiniaires ou coraux durs est remarquable, car les spécimens sont accompagnés d’annotations de terrain permettant de les resituer dans leur milieu. C’est le cas des spécimens rapportés par Jean-Pierre Chevalier qui ont enrichi la collection jusqu'en 1981. La collection de spécimens profonds est une des plus grandes au monde et ne cesse de s’accroitre.

Historique
Les plus anciens spécimens (1706-1707) d'Hydraires et d'Octocoralliaires de la collection sont conservés en herbiers réalisés par Sébastien-Vaillant.
L’histoire se découvre sur les étiquettes jaunies par le temps et rappelle les grands noms tels que Péron et Lesueur, Savigny, Jean-Baptiste de Lamarck, Quoy et Gaimard, Valenciennes, H. Milne-Edwards et Haime qui ont, dans ce domaine, marqué la science.
Des générations de scientifiques ont contribué à enrichir la collection, grâce aux expéditions naturalistes comme celle d'Égypte (1800-1804), de Baudin sur la côte occidentale de l'Australie, de l'Astrolabe (1837-1840) et les deux expéditions antarctiques françaises du début du XXe siècle. Depuis une quarantaine d'années, diverses campagnes dans l'Atlantique (Thalassa, Biogas...), le sub-Antarctique (sur le Marion-Dufresne) et l'Indo-Pacifique (programme MUSORSTOM/Deep-Sea Benthos) ainsi que les grandes expéditions (Santo, Vanuatu 2006, Guadeloupe, 2012) réalisées pour certaines dans le cadre du programme La Planète Revisitée, ont enrichi la collection.
Des scientifiques font don de collections réalisées tout au long de leur carrière comme c’est le cas des collections de G. Faure, J. Laborel, M. Pichon, B. Salvat, H. Zibrowius… Les récoltes de J. Goy en Méditerranée, au Brésil et en Australie, ont quant à elles étoffé la collection de Méduses.

Activités
La collection de cnidaires trouve une application en recherche fondamentale et appliquée, dans les domaines de la systématique et de la biogéographie. Les squelettes coralliens sont des enregistreurs des paramètres de l'environnement, les collections de coraux ont donc un grand intérêt en climatologie et paléoclimatologie.
Les collections historiques constituent des séries temporelles. Elles ont permis de retracer, sur 12 ans, la périodicité des invasions de la méduse Pelagia noctiluca en Méditerranée. Elles servent de support pour la muséologie, la pédagogie et les formations.
Les spécimens de Scléractiniaires, inscrits en annexe II de la CITES font également l’objet de visites à but pédagogique pour les agents en charge de faire respecter la convention de Washington.
La typothèque (ensemble des types qui sont les spécimens de référence) des Scléractiniaires comprenant plus de 500 spécimens est en cours de réorganisation. L’accès y est limité. Les consultations doivent faire l’objet d’une demande sur colhelper.
Les données attachées aux spécimens ont vocation à être intégrées dans les bases de données et pour ce qui concerne la France métropolitaine et les outre-mer à alimenter l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN).

Contacts
Pascale Joannot, chargée de conservation des cnidaires
joannot@mnhn.fr
Aude Andouche, assistante de conservation
andouche@mnhn.fr