La palynothèque est théoriquement une extension de l’Histothèque, mais elle s’est historiquement constituée en dehors d’elle et à une date bien plus récente. Elle regroupe des préparations de spores (Fougères) et de pollen (Phanérogames).


Présentation
Les préparations de la collection de la palynothèque ont été réalisées pour la plupart selon la technique mise au point par le palynologue suédois Gunnar Erdtman en 1952. Le matériel (frais, fixé ou même extrait des herbiers) est traité par des agents chimiques agressifs (acétolyse), au point de ne conserver que la paroi externe (exine) de la spore ou du grain de pollen. La forme est conservée, la paroi est transparente et les éventuelles ornementations (stries, épines, etc.) sont complètement nettoyées. Les objets, montées dans de la glycérine gélatinée, peuvent être étudiés au microscope, le plus souvent à fort grandissement (x 1 000), ce qui exige l’emploi de lames de verre plus minces que pour l’anatomie, et donc plus fragiles. Leur aspect est très semblable à celui des fossiles, ce qui facilite beaucoup les comparaisons, en particulier dans le cadre des recherches géologiques. Les préparations sont parfaitement standardisées et se prêtent ici à une fabrication en grand nombre, ce qui permet d’alimenter des échanges et autorise les prêts. Elle comprend actuellement environ 40 000 lames, auxquelles s’ajoutent des collections photographiques (atlas palynologiques, détails de microscopie électronique à balayage et en transmission) et des mémoires inédits ou publiés, liés à certaines séries de lames. Les lames de la série générale, très empruntées ou consultées, sont rangées par ordre chronologique de confection.

Historique
Le palynothèque fusionne deux collections créées au Muséum, mais dans des buts différents. La plus ancienne remonte à 1959 (mais les lames les plus anciennes remontent à 1955) et a été fondée par Madeleine Van Campo, pionnière de la palynologie moderne en France et s’est accrue par la suite jusqu’en 1996, sous la direction de M.-T. Cerceau-Larrival (CNRS) : ses objectifs étaient la morphologie pollinique, l’étude de l’évolution de certains groupes d’Angiospermes plutôt tempérés (Saxifragales, Apiaceae), ainsi que certaines applications à l’agronomie (banques de pollens), l’apiculture et l’allergologie. L’autre collection  a été créée par A. Le Thomas (EPHE) en 1970 et s’est spécialisée dans l’étude des groupes tropicaux (taxonomie et phylogénie). Elle est en conséquence très directement liée aux herbiers, notamment aux spécimens types.

Activités
La palynothèque fournit donc un abondant matériel de comparaison pour toute identification des pollens actuels ou fossiles à l’échelle mondiale, ainsi que pour l’étude théorique de la morphologie pollinique et de son évolution. Son intérêt a été réactivé ces dernières années par les recherches sur le développement des grains de pollen en relation avec leur évolution (ce que l’on appelle "évo-dévo").