Une histothèque est un lieu où est conservé un fonds de lames histologiques anciennes et actuelles. La collection de l’histothèque de botanique du Muséum rassemble actuellement plus de 67 000 coupes minces. Elle fonctionne en complémentarité avec les collections de l’alcoothèque et de la palynothèque.


Présentation
Les coupes de la collection ont été effectuées dans différents organes végétaux, à la main ou au microtome, colorées ou non, et montées dans une résine (un peu comme les fossiles inclus dans l’ambre) entre lame et lamelle de verre. Les préparations sont rangées dans des boîtes à rainures, disposées comme des livres ou, pour les plus anciennes, posées à plat sur les tiroirs de meubles vitrés spécifiques. C’est le cas pour la collection-noyau, réalisée par Philippe Van Tieghem et ses élèves de 1875 à 1914, et qui rassemble près du tiers des lames de l’histothèque.

Parfois les préparations sont même la seule illustration disponible pour une étude, car aucune figure ou photo n’a été publiée, notamment pour les travaux rédigés entre 1890 et 1902 par Louis Pierre et P. Van Tieghem, respectivement sur les Sapotacées et les Ochnacées, et qui décrivent un grand nombre de genres nouveaux sur la base des caractères anatomiques. Or, très souvent, du matériel type – parfois extrait des Herbiers historiques – a été utilisé. La mise en œuvre des techniques actuelles (photo numérique et informatisation) est envisagée afin de valoriser ce riche patrimoine pour l’instant très peu accessible, car on ne peut qu’observer ces coupes au microscope et sur place. La constitution d’une banque d’images associée dans la base de données SONNERAT permettra une meilleure diffusion de ce type d’information auprès des spécialistes. Le rôle de l’Histothèque est de conserver des tissus végétaux aux fins de comparaison et d’expertise avec d’autres collections, parfois uniques au monde (les Bois de l’Ile de Pâques par exemple).

Les collections récentes (depuis 1960) utilisent plus fréquemment le matériel de l’Alcoothèque et la méthode d’inclusion à la paraffine, permettant des sections plus minces (entre 20 et 5 µm), mieux orientées et éventuellement sériées (particulièrement pour l’anatomie florale). Rangées dans des boîtes, elles peuvent être facilement stockées en compactus, comme nos herbiers. La réinstallation de l’Histothèque a considérablement amélioré son accessibilité à la consultation et a suggéré le dépôt de certaines autres collections d’intérêt mondial. En effet toutes les universités ne disposent pas forcément des locaux, du personnel et de l’équipement pour entretenir et valoriser des collections d’anatomie végétale. Ce problème est d’ailleurs international, conduisant dans certains pays à la destruction de ce type de collections.

Activités
Le grand intérêt de ces préparations permanentes - très souvent colorées par le carmin aluné et le vert d’Iode et parfaitement étiquetées – est d’être toujours reliées à des travaux de recherche publiés, donc de référence.

Depuis une trentaine d’années, les recherches se sont orientées vers l’anatomie comparée florale (particulièrement des Magnoliales, Asparagaceae et Convolvulaceae). Les résultats, obtenus en laboratoire, sont utiles à l’interprétation des observations de terrain sur la pollinisation et la fécondation, ainsi qu’à l’établissement des phylogénies de ces groupes.