L’ethnobiologie est une branche des sciences de l’Homme qui étudie les interrelations des sociétés humaines avec leur environnement, à travers les savoirs et les savoir-faire. Elle englobe l’ethnozoologie (relations avec le monde animal) et l’ethnobotanique (relations avec le monde des plantes).


Ethnozoologie

Les spécimens, obtenus auprès des membres d’une communauté étudiée, sont porteurs d’information culturelle et témoignent des savoirs locaux. Ils sont liés à des documents de terrain : notes manuscrites, dessins, photos et films montrant les techniques d’utilisation, ainsi qu’outils les concernant.

Présentation
Le principe des collections ethnozoologiques consiste à lier l’espèce zoologique à l’objet culturel : quelles espèces sont employées pour fabriquer un ustensile, et à l’obtention de quelles espèces est destiné cet objet.
Débutées dans les années 1960 par Raymond Pujol, la collection comporte des spécimens confiés par des chercheurs en sciences humaines pour obtenir la détermination (cornes, peaux, animaux en liquide conservateur, coquillages, insectes…). Plus récemment, elle s’oriente plus nettement vers l’enrichissement avec des objets composés de matières animales, par exemple, des parures de plumes, et des ustensiles, armes et outils liés à la chasse, à la pêche et à l’élevage, en particulier une importante collection de ruches traditionnelles françaises. Un autre bel ensemble, en constant accroissement, concerne les insectes comestibles. Les principales zones géographiques représentées sont, outre la France, l’Afrique centrale, le Mexique et l’Asie du Sud-Est. Cette collection s’enrichit régulièrement par les missions de terrain des chercheurs.

Ethnobotanique

Commencées au début du XXe siècle, ces collections concernent les relations des sociétés humaines avec le monde végétal : spécimens botaniques, matières végétales et objets. Une riche documentation y est associée (archives, notes de terrain, iconographie et publications spécialisées).

Présentation
Le principe des collections ethnobotaniques consiste à lier l’espèce botanique à l’objet culturel : quelles espèces sont employées pour fabriquer un ustensile, et à l’obtention de quelles espèces est destiné cet objet.

Plusieurs ensembles conséquents constituent l’essentiel de la collection, forte de près de 100 000 numéros :

  • de volumineux herbiers historiques constitués par les fondateurs du laboratoire, Auguste Chevalier (jusqu’à 1956), Roland Portères et Jean-François Leroy. Certains concernent les espèces sauvages de plantes domestiquées (caféiers notamment) ;
  • des ensembles de plantes, sauvages et cultivées, recueillies sur le terrain et accompagnant l’étude ethnobotanique d’une même société : Asie du sud-est (coll. Haudricourt, Barrau, Friedberg, Macdonald, Revel…), Afrique centrale (coll. Thomas, de Garine, Bahuchet, Breyne, Peeters…), Pérou (coll. Friedberg…) ;
  • d’importantes collections de plantes cultivées, sous forme d’herbiers ou de graines en sachets ou en flacons. L’ensemble le plus important concerne les céréales africaines : sorgo, mils, fonio et riz africain. S’y ajoutent des variétés de riz d’Asie et de maïs ;
  • des échantillons de matières végétales (fibres, bois des 5 continents — 20 000 échantillons —, graines, farines…). Le cœur de cet ensemble vient de diverses expositions coloniales du XIXe ou du début XXe siècle ;
  • une riche collection d’objets en matières végétales (vanneries, calebasses, tissages…) ainsi que des outils traditionnels, pour la collecte et l’agriculture (de France, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine).

Activités
Ces collections font actuellement l’objet d’un important chantier de rénovation, comportant un reconditionnement, un nouvel inventaire et catalogage, et une centralisation des informations les concernant. Les scientifiques travaillent également à la mise en place d’un système d’information associant spécimens, objets et documentation audio-visuelle.