Les mouches aussi sont des pollinisatrices !

Projets

17.08.2017

Les Syrphidés, une famille particulière de mouches, se distinguent par le fait qu’on les rencontre principalement sur des fleurs. En fait, ces mouches pollinisent ces dernières et en échange se nourrissent de leur pollen et de leur nectar… tout comme les abeilles. Et pourtant, ce ne sont pas les seuls diptères pollinisateurs connus dans le Monde. Mais ceux de Nouvelle-Calédonie, en revanche, sont finalement encore assez mal connus et Ximo Mengual Sanchis compte bien palier à ce problème. Et c’est donc au MNHN et grâce à une bourse de recherche du programme SYNTHESYS qu’il a débuté son enquête.


Portrait de Ximo Mengual SanchisLes Syrphidés appartiennent à l’ordre des Diptères (portant une seule paire d’ailes) et constituent une très grande famille d’environ 6.200 espèces décrites de par le Monde. Les mouches adultes se rencontrent très fréquemment sur des fleurs, dont elles consomment le pollen et le nectar. Ce comportement justifie un intérêt croissant des scientifiques pour cette famille de pollinisateurs. Mais ce ne sont pas les seuls diptères pollinisateurs de fleurs. En effet, les Muscidés jouent le même rôle et, toujours dans le cadre du programme SYNTHESYS, Adrian Pont est venu étudier et réorganiser cette collection en 2016 (voir Les Muscidés, ces mouches pollinisatrices de fleurs ! dans les actualités des Collections).

Les larves de syrphides sont, quant à elles, célèbres pour leur panel de comportements : ce sont des prédateurs terrestres et aquatiques, elles développent des liens de commensalisme avec les fourmis, ainsi que dans les nids de guêpes et de bourdons, elles sont saprophages (qui se nourrit de matière en décomposition), mycophages (qui se nourrit de champignons), et consomment également la pulpe des racines, feuilles et troncs des arbres en décomposition.

Les syrphides sont bien connues du grand public du fait qu’on les observe fréquemment à proximité d’hyménoptères (abeilles et guêpes) auxquelles elles ressemblent énormément à la fois par la couleur et la forme de leur corps. Ces mouches jouent un rôle important de pollinisateurs de plantes sauvages et de culture. Leurs larves, aussi appelées asticots, sont utilisées comme agents de contrôle d’infestation et sont des recycleurs essentiels de la matière organique.

Le projet mené par Ximo MENGUAL SANCHIS a pour but de mieux comprendre la faune des syrphides vivants dans l’une des régions les plus inexplorées et donc peu connues du Monde : la Mélanésie. Cette région, située dans le Pacifique sud, comprend plusieurs îles parmi lesquelles figurent la Nouvelle-Calédonie, l’Indonésie, la Papouasie Nouvelle-Guinée, les îles Salomon, le Vanuatu et Fidji. La faune des syrphides de ces îles est encore très mal comprise principalement parce que les chercheurs ne bénéficient que très rarement de financements permettant des campagnes de collecte sur place. Mais le peu d’informations est également lié au fait que les chercheurs rencontrent bien des difficultés à obtenir des permis de collecte.

Le principal objectif du projet de Ximo Mengual Sanchis consiste à étudier les espèces de la famille Syrphidae de Nouvelle-Calédonie. Notre collègue concentre ses recherches sur les collections entomologiques afin de réviser en totalité la faune de l’île. Ximo Mengual Sanchis est ainsi venu visiter les collections du Muséum national d'Histoire naturelle afin d’étudier le matériel encore non identifié pour en apprendre plus sur leur morphologie d’une part. D’autre part, il aspire à décrire de nouvelles espèces présentes sur l’île et partager ses découvertes avec la communauté scientifique dans son sens le plus large.

Ximo Mengual Sanchis a étudié les spécimens conservés au Muséum national d'Histoire naturelle, décrit et nommé les spécimens non identifiés et ainsi décrit de nouvelles espèces. Pendant son séjour, notre collègue d’origine espagnole mais travaillant actuellement en Allemagne, a débuté la révision complète de la faune de Nouvelle-Calédonie en se fondant sur le matériel récemment collecté par le Muséum national d'Histoire naturelle et d’autres institutions. Il a également pu prendre des clichés en très haute définition permettant l’illustration précise de ces nouveaux taxons, ainsi que des spécimens de taxons déjà connus. Il a également commencé à développer une clé d’identification afin d’obtenir une vue globale de la faune des syrphides de Nouvelle-Calédonie.

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