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L'hormone thyroïdienne influence la régénération cardiaque

11 février 2019

Ces résultats d'une équipe de chercheurs du laboratoire PhyMA offrent de nouvelles perspectives dans le domaine médical.

Les études sur la régénération du cœur chez plusieurs modèles (mammifères, poissons téléostéens, amphibiens) suggèrent que l’ensemble des vertébrés possède cette capacité mais que celle-ci disparaît au cours du développement post-embryonnaire chez certaines espèces. Ainsi, si elle est conservée tout au long de la vie chez le poisson zèbre, cette capacité est perdue chez la souris après la première semaine post-natale, une période physiologiquement similaire à la métamorphose - qui dépend de l’hormone thyroïdienne - chez les amphibiens anoures. Une équipe de chercheurs du laboratoire Physiologie moléculaire et adaptation (Muséum national d’Histoire naturelle/CNRS) a ainsi décidé d’explorer pour la première fois l’influence de l’hormone thyroïdienne sur le processus de régénération cardiaque chez le crapaud Xenopus laevis.

Les chercheurs ont montré que la capacité de régénération cardiaque est forte chez le têtard, réduite durant la métamorphose pour être complètement perdue chez l’adulte, rappelant ce qui est observé chez les mammifères. De plus, ils ont établi que l'excès ou la privation de l’hormone thyroïdienne altère le processus de régénération du cœur. Ces résultats, publiés le 11 février dans la revue PNAS, offrent de nouvelles perspectives dans le domaine médical. En effet une étude approfondie des mécanismes mis en œuvre et régulés par l’hormone thyroïdienne pourrait aider à développer des thérapies pour traiter les problèmes liés à l’infarctus, notamment l’insuffisance cardiaque, une des principales causes de décès dans le monde.

Référence

Stage-dependent cardiac regeneration in Xenopus is regulated by thyroid hormone availability. Lindsey N. Marshall, Céline J. Vivien, Fabrice Girardot, Louise Péricard, Pierluigi Scerbo, Karima Palmier, Barbara A. Demeneix, Laurent Coen. PNAS. Février 2019.

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