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Découverte d’une nouvelle espèce de mosasaure, un mégapredateur du crétacé supérieur

25 août 2022

Une équipe internationale réunissant des chercheurs du Centre de Recherche en Paléontologie - Paris (Muséum national d’Histoire naturelle, CNRS, Sorbonne Université), des Universités de Bath et de Bilbao ainsi que de l’Office Chérifien des Phosphates (Maroc) vient de mettre au jour une nouvelle espèce de mosasaure méga-prédateur au Maroc : Thalassotitan atrox. L’étude est publiée dans la revue Cretaceous Research.

Reconstitution de Thalassotitan atrox

© A. Atuchin

Thalassotitan atrox a vécu au Crétacé supérieur, il y a 67 millions d’années, lorsque l’océan Atlantique recouvrait une partie du Maroc par une mer peu profonde. Les mosasaures des phosphates du Maroc y étaient très diversifiés, avec des spécimens adaptés à la capture de poissons et de calmars, d’autres exclusivement piscivores, ou d’autres encore qui se nourrissaient d’animaux à coquille (comme par exemple des ammonites). Dans cet écosystème riche, une espèce était au sommet de la chaîne alimentaire : Thalassotitan atrox. Il s’agissait d’un mosasaure au museau court et large avec des dents massives et coniques, comme celles des orques modernes. Imposant, ce méga-prédateur avait un énorme crâne de 1,4 mètre et un corps mesurant près de 12 mètres de long. Un aspect qui explique son nom, du grec Thalassa (mer), titan, (géant) et atrox, (cruel, impitoyable).

Les mâchoires et les dents de ce grand lézard marin lui servaient à saisir et déchiqueter de grandes proies, contrairement à la plupart des mosasaures qui avaient des mâchoires longues destinées à attraper des proies de taille modeste. D’après la forme et l’état des dents cassées et usées de Thalassotitan atrox, son régime alimentaire devait être constitué de grands poissons et d’autres vertébrés, dont les carcasses endommageaient grandement ses dents. En outre, de nombreux restes fossiles de vertébrés marins détériorés par des acides, probablement issus de la digestion d’un prédateur, ont été découverts dans les mêmes couches sédimentaires que Thalassotitan atrox. Parmi ces fossiles considérés comme les restes alimentaires de cette nouvelle espèce de reptile marin, se trouvent ainsi de grands poissons, une tortue de mer, le reste d’une tête d’un plésiosaure d’un demi-mètre de long, et les mâchoires d’au moins trois espèces différentes de petits mosasaures.

Crâne de Thalassotitan atrox

© MNHN

La découverte de Thalassotitan dans les sédiments marins des phosphates du Maroc vient une nouvelle fois confirmer la très importante diversité spécifique et écologique des mosasaures. Ces derniers offrent une meilleure connaissance des écosystèmes marins juste avant la grande extinction en masse du passage Crétacé-Tertiaire, qui représente la dernière des crises biotiques majeures de l’histoire de la biosphère.

Dent de Thalassotitan atrox

© MNHN

RÉFÉRENCE

Thalassotitan atrox, a giant predatory mosasaurid (Squamata) from the Upper Maastrichtian Phosphates of Morocco. Longrich N.R. Jalil, N.E., Khaldoune, F., Khadiri, O.Y, Pereda-Suberbiola X., Bardet, N. Cretaceous Research, 2022, www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0195667122001793

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