Institution

Réglementer le commerce international pour protéger les espèces menacées d'extinction

13 novembre 2022

Face au déclin de la biodiversité, une réglementation stricte du commerce international d’animaux et de plantes sauvages est plus que jamais nécessaire pour protéger les espèces menacées d’extinction. C’est l’objet de la CITES, dont la CoP19 s’ouvre ce 13 novembre.

La CITES, Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, rassemble aujourd’hui 184 pays signataires dans le but de veiller à ce que le commerce international des espèces sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.

Cette année, et alors que près de 600 espèces CITES sont identifiée comme potentiellement menacée d’extinction par le commerce, les Etats Parties sont invités à envisager un élargissement du cadre de la réglementation dans le cadre de la CoP19.

Parmi les espèces particulièrement menacées et dont les réglementations doivent être révisées, on peut citer : les rhinocéros blanc, les éléphants d’Afrique, de nombreuses essences de bois exotiques, les requins, les concombres de mer, les tortues ainsi que le Rhodiola ou orpin rose (dont une espèce est présente en France métropolitaine).

Depuis près de 40 ans, le Muséum fait valoir son expertise sur la conservation des espèces menacées afin de contribuer à cette règlementation. À travers ses expertises dans le cadre de sa mission d’Autorité Scientifique française pour la CITES, le Muséum et son service commun PatriNat (OFB, CNRS, MNHN) étudie le caractère soutenable pour les espèces dans les transaction commerciales, éclaire la France dans ses positions internationales, appuie les forces de contrôle dans leur mission de police, réalise des propositions d’inscription d’espèces menacées, participe aux groupes d’Examen Scientifique de l’Union Européenne, produit de la documentation scientifique…

Coup de projecteur sur 4 espèces menacées

Rhinocéros blancs

Rhinocéros blancs du Parc Zoologique de Paris

© MNHN - F.-G. Grandin

Le Rhinoceros blanc

Bien qu’il n’existe plus aucun marché légal national ou international de leur corne, les Rhinocéros blanc continuent d’être activement braconnés et leurs effectifs ne cessent de décroître, comme toutes les autres espèces de rhinocéros dont la plupart sont en danger d’extinction. Ces cornes, qui sont en fait une grosse touffe de poils collés entre eux, n’ont pourtant aucune vertue médicinale connue.

Requin marteau sous l'eau vu de face.

Requin marteau, Bahamas

© wildestanimal - stock.adobe.com

Les requins-marteaux

Les requins-marteaux sont des grands poissons cartilagineux avec une tête élargie, caractéristique, à qui ils doivent leur nom. Grands prédateurs, il en existe 9 espèces, et toutes sont gravement menacées par la pêche légale et illégale, pour le seul commerce des ailerons de requin. En effet, chez de nombreuses espèces, leur chair est toxique.

Concombre de mer posé sur un fond marin.

Concombre de mer

© edan - stock.adobe.com

Les concombres de mer 

Ces animaux, des échinodermes, aspirent inlassablement le sable des fonds marins et participent ainsi activement au recyclage des matières mortes, pour les redistribuer à l’écosystème. Ils sont très prisés sur les marchés asiatiques, leur pêche est peu réglementée et leur valeur avoisine celle des ailerons de requins. Dans de nombreux endroits, ils ont quasiment disparu.

Buisson de Rhodiola rosea à côté d'un rocher.

Orpin rose - Rhodiola rosea

© S64

L’Orpin rose

On imagine souvent que les espèces faisant l’objet de commerce sont exotiques. L’orpin rose, une espèce des montagnes européennes, présente en France, prouve le contraire. Ses racines sont utilisées en pharmacologie, et la demande commerciale pour cette espèce ne cesse de croître.

Une réglementation en faveur de la préservation de la biodiversité

En vigueur depuis 1975, la CITES ou Convention de Washington, est un accord international juridiquement contraignant qui veille à ce que le commerce des espèces s’effectue dans un cadre légal, durable et traçable, via un système de permis et certificats.

La CITES octroie différents degrés de protection à plus de 37 000 espèces d’animaux et de plantes, en appliquant différentes dispositions, précisées dans trois Annexes :

  • Annexe 1 : les espèces menacées d’extinction. Leur commerce international généralement interdit.
  • Annexe 2 : les espèces qui pourraient être menacées en l’absence de règlementation. Dans ce cas, le commerce est étroitement contrôlé.
  • Annexe 3 : les espèces protégées à l’échelle d’un pays et pour lesquelles une coopération internationale est nécessaire.

La Cop19 de la CITES se tiendra à Panama du 13 au 25 novembre.

Vous pouvez consulter les propositions soumises par les Parties à la CITES.

Pour aller plus loin

L’équipe de l’Autorité Scientifique Française sur le site de Patrinat.

Découvrir les missions de conservation du Muséum.

Écouter « Pour que nature vive », un podcast pour mieux comprendre la nature et la protéger.

Patrimoine naturel et politiques territoriales, avec Nirmala Séon-Massin, écologue et directrice de l'expertise au Muséum national d'Histoire naturelle.

La CoP CITES expliquée par Arnaud Horellou, Coordinateur de l’autorité Scientifique Française pour la CITES.