Remise de prix

Lauréats 2022 du Prix de la Fondation ENGIE - Talents de la recherche au Musée de l’Homme

9 novembre 2022

Le Prix de la Fondation ENGIE - Talents de la recherche au Musée de l’Homme soutient chaque année des projets de recherche qui cherchent à mieux comprendre les interactions entre sociétés et environnement.

© MNHN

Quels liens les sociétés passées et présentes entretiennent avec leur environnement ?

Depuis cinq ans, le Prix de la Fondation ENGIE - Talents de la recherche au Musée de l’Homme récompense chaque année des chercheurs et des chercheuses du Muséum développant des projets innovants et interdisciplinaires, sur la thématique société-environnement.

Pour cette édition 2022, le jury du Prix, composé de scientifiques du Muséum, de représentants de la Fondation ENGIE et de personnalités extérieures, a récompensé trois projets illustrant des approches scientifiques diverses sur trois continents différents. Leurs travaux étudient les relations qu’entretiennent les sociétés avec leur environnement sur des périodes et des territoires variés : des interactions entre humains et babouins en Ouganda à un archipel anciennement isolé par la montée des eaux au Panama, en passant par les pratiques de pêche artisanale de mollusques au Timor oriental.

La cérémonie de remise du prix s’est déroulée le vendredi 7 octobre, dans l’amphithéâtre de la Galerie de Paléontologie et d’Anatomie comparée au sein du Jardin des Plantes. L’évènement, animé par Allain Bougrain-Dubourg, Président de la Ligue de Protection des Oiseaux et administrateur de la Fondation ENGIE et Bruno David, Président du Muséum, a accueilli un public composé de chercheurs ainsi que des lycéens en classe de 1ère Scientifique.

Revivez la cérémonie et découvrez les projets lauréats !

Découvrez les projets lauréats

Mains qui ramassent de petits coquillages blancs sur le sable.

SOICO - Lauréat Prix de la Fondation ENGIE 2022

© A. Burgos

SOICO

Sociétés insulaires et coquillages : pêche, gestion et durabilité

Un projet mené par Ariadna Burgos, ethnomalacologue et maîtresse de conférences au Muséum.

Durant une année passée au sein d’une communauté indigène sur l’île de Siberut en Indonésie, Ariadna Burgos a pu observer des femmes allant pêcher des coquillages en s’accordant avec les cycles lunaires. Ces observations l’ont amené à se questionner sur la place à la fois économique, sociale, écologique et politique que tient cette pêche réalisée par des femmes.

À travers deux terrains insulaires (au Timor oriental et en Papouasie Nouvelle-Guinée), le projet SOICO propose de développer des approches participatives et inclusives pour le suivi et la gestion de la pêche artisanale de mollusque, et d’analyser les facteurs qui limitent et / ou favorisent l’inclusion des savoirs locaux dans les programmes nationaux de gestion du littoral.

Des pêcheurs autour de leur barque et leur filet sur une plage.

Caribaro - Lauréat Prix de la Fondation ENGIE 2022

© S. Grouard

Caribaró

Enquête archéologique et ethnoarchéologique sur l’archipel de Bocas del Toro

Un projet mené par Sandrine Grouard, archéozoologue et maîtresse de conférences au Muséum.

L’histoire du peuplement de l’archipel de Bocas del Toro, au Panama, isolé du continent entre 9000 et 5000 avant notre ère et resté inconnu jusqu’en 1949, a intéressé Sandrine Grouard. En 2019, elle découvre, sur l’île Colon, trois sites riches en matériel bioarchéologique où elle trouve une grande quantité de matériel archéologique et des tumuli sur le premier, ainsi qu’un cimetière de tortues marines sur le troisième.

Le projet Caribarò propose donc de mener une enquête archéologique et ethnoarchéologique sur l’archipel. Il vise à réaliser des inventaires et des datations de ces nouveaux sites archéologiques, afin d’affiner les connaissances chrono-culturelles amérindiennes, et comprendre les techniques de pêche, de chasse et de subsistance. Il s’intéresse également à la biogéophique des espèces vertébrés, crustacés et malacologiques ainsi qu’aux évolutions paléo-environnementales et climatiques de l’archipel.

Trois singes entourent une voiture grise.

Roadie-Babs - Lauréat Prix de la Fondation ENGIE 2022

© S. Krief - A. Maille

Roadie-Babs

Des babouins et des humains : interactions sur une route traversant un Parc national en Ouganda

Un projet mené par Sabrina Krief, vétérinaire, éco-éthologue et professeure au Muséum, et Audrey Maille, éthologue et maîtresse de conférences au Muséum.

Sur la route traversant le Parc national de Kibale, en Ouganda, d’étonnantes interactions se produisent, entre les humains et les babouins : les premiers donnent de la nourriture aux seconds, particulièrement demandeurs de cette nourriture riche.

Le projet Roadie-Babs souhaite apporter un regard neuf sur les conflits croissants avec les animaux sauvages et les risques associés. Il vise à proposer des recommandations pour une meilleure sensibilisation des automobilistes aux problématiques sanitaires et de conservation de la biodiversité, ainsi qu’une gestion optimisée des axes routiers.

Ce sujet, peu étudié et souvent conflictuel, permettra de compléter les rares études déjà réalisées. Ces dernières ont en effet démontré que la nourriture donnée aux babouins ainsi que les déchets ont des répercussions importantes sur les plans physiologique et sanitaire chez ces primates. L’attribution de cette bourse permettra également à Sabrina Krief et Audrey Maille d’encadrer deux étudiants, français et ougandais, qui apporteront un nouveau regard sur l’objet de la recherche.

Que deviennent les projets des précédentes éditions ?

Amphithéatre durant la remise des prix de la Fondation ENGIE.

Le Prix de la Fondation ENGIE - Talents de la recherche au Musée de l’Homme 2022.

© MNHN - J.-C. Domenech