Exploration scientifique

DIVE-Sea, le programme de collecte d'organismes marins, démarre à la Station marine de Dinard

Le Muséum coordonne le programme DIVE-Sea, volet terrain du programme de recherche ATLASea, copiloté par le CNRS et le CEA, qui vise à mieux connaître la biodiversité marine. C’est depuis la station marine de Dinard que démarre, dès le 24 juin, ce vaste programme d’échantillonnage d’espèces eucaryotes marines. Ces campagnes de collecte s’échelonneront ensuite en France métropolitaine et dans les territoires ultramarins jusqu’en 2029.

Ce volet terrain est un maillon essentiel du programme de recherche ATLASea qui aboutira, d'ici 7 années, au séquençage génomique et à la mise en collection de 4 500 espèces marines. Le Muséum mobilise pour cela son savoir-faire en matière de collecte, d’identification et de conservation, ainsi que ses moyens techniques en mer et dans ses stations marines. 

Les données ainsi produites seront d’un intérêt majeur pour la connaissance des espèces marines.

Line Le Gall, pilote du projet DIVE-Sea, professeure du Muséum et spécialiste des algues

Un défi scientifique et logistique

La qualité de l’échantillonnage et l’identification taxonomique seront déterminantes pour l’exploitation des organismes collectés. DIVE-Sea relève donc plusieurs défis majeurs : préserver l’intégrité des spécimens recueillis et de leur environnement naturel et maîtriser la chaîne grand froid, depuis les lieux de collecte jusqu’au Genoscope d’Évry (Essonne).

En France métropolitaine, les scientifiques et les techniciens des stations marines du littoral français mèneront les campagnes de collecte. La station marine de Dinard lance le programme dès juin 2024. Les campagnes ultramarines Dive-Sea démarreront également en 2024. Elles seront réalisées conjointement à d’autres programmes du Muséum tels que « La Planète Revisitée des îles de Guadeloupe », à l’automne.

Dragues et plongées

Pour obtenir une diversité des espèces et groupes taxonomiques capturés, les équipes déploient des techniques de collecte variées. Elles sont adaptées aux sites et aux espèces visés : petite drague, traîneaux épibenthiques et suprabenthiques pour récolter de la petite faune en surface et au-dessus du fond marin, ou collecte par les plongeurs. Ces derniers ont pour tâche de prélever la faune qui se cache en surface ou sous les rochers et dans les fonds sableux à l’aide de brosses ou d’aspirateurs sous-marins, ou simplement à la main.

Dès leur arrivée à bord, mollusques, crustacés, éponges, annélides, algues, etc. sont transvasés dans une glacière emplie d’eau de mer. L’objectif est de les garder vivants afin d’obtenir un ADN d’une qualité maximale. Il ne reste plus qu’à les ramener à terre au plus vite.

Taxonomie de terrain

Pour garantir la qualité et la traçabilité des données tout en permettant un acheminement rapide et sûr des spécimens récoltés, pas de temps à perdre. L’identification taxonomique se fait sur le lieu de récolte, dans un laboratoire de terrain.

À Dinard, une quarantaine de participants s’activeront lors de différentes étapes, toutes cruciales. Les taxonomistes sont chargés d’identifier les premiers spécimens récoltés. Il faut également vérifier s’ils ont déjà fait l’objet d’un séquençage puis, le cas échéant, intégrer les données d’identification, de contexte de prélèvement, etc. Les spécimens sont ensuite photographiés afin de conserver une trace de leur patron de couleur et de leurs traits morpho-anatomiques. Puis démarre le prélèvement des tissus, la congélation flash en azote liquide, la mise en tube et le stockage dans un congélateur à -80°C. Les échantillons sont ensuite conditionnés dans des glacières en polystyrène emplies de carboglace, puis transportés au Genoscope d’Évry où ils sont conservés à -80 °C. Ils seront sortis un par un pour le séquençage.