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Cybium,
Revue
Internationale dIchtyologie |
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Croissance de juvéniles desturgeons européens Acipenser sturio (Acipenseridae) sauvages et issus dalevinage, durant leur séjour dans lestuaire de la Gironde (France) Aude LOCHET (1), Patrick LAMBERT (1), Mario LEPAGE (1) & Éric ROCHARD (1) (1) Cemagref,
Unité Ressources aquatiques continentales, 50 avenue de Verdun,
33612 Cestas cedex, FRANCE. Résumé.
- Afin de restaurer la dernière population desturgeon
européen Acipenser sturio, il a été décidé
de remédier temporairement à la faiblesse de ses effectifs
par des alevinages de soutien. Un premier a été pratiqué
en 1995 à partir dun couple de géniteurs sauvages.
Neuf mille alevins issus dune reproduction artificielle ont été
déversés en eau douce (Garonne, Dordogne) à proximité
de zones de frayères historiques, après marquage par immersion
dans une solution de chlorhydrate doxytétracycline (OTC)
pour 7000 dentre eux. Lobjectif de ce travail est dévaluer
lintégration de la cohorte alevinée aux dernières
cohortes naturelles recensées (1988 et 1994). Pour cela, une comparaison
de la croissance en taille et en poids a été menée
entre les individus de la cohorte 1995 et ceux des deux cohortes sauvages.
Ces poissons ont été échantillonnés au chalut
dans lestuaire de la Gironde, à loccasion de campagnes
mensuelles. Leur longueur totale et leur poids ont été mesurés
; lâge et lorigine (sauvage ou alevinage) des esturgeons
ont été estimés à partir dun prélèvement
du premier rayon de la nageoire pectorale. Les comparaisons ont pu être
établies sur quatre saisons : le printemps des trois premières
années de vie des individus ainsi que le second été.
Les individus des trois cohortes ne présentent pas de différence
significative concernant le poids et lembonpoint. Néanmoins,
certains individus de la cohorte 1995 sont particulièrement chétifs,
notamment lors du second été où le poids relatif
médian pour les individus de cette cohorte est de 63%. Lors de
leur premier printemps, les individus de la cohorte 1995 sont significativement
plus longs que ceux des cohortes 1988 et 1994. Pour les autres saisons,
aucune différence de taille significative nest détectée.
De plus, les deux cohortes naturelles présentent une courbe de
croissance de type 3 (modèle de Schnute) tandis que celle de la
cohorte 1995 est de type 4. Les individus de la cohorte 1995 semblent
donc avoir expérimenté, au cours de leurs premiers mois
de vie, des conditions plus favorables que celles des cohortes naturelles.
Ce premier bilan, qui nécessite dêtre complété,
illustre une adaptation au milieu naturel comparable entre les individus
de la cohorte 1995 et ceux des cohortes naturelles, une fois les premiers
mois de vie passés. |
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