Origine, Structure et Evolution de la Biodiversité
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Sélection et dérive comme facteurs de la divergence morphologique
Les analyses du thème 2 font appel à l’utilisation de marqueurs neutres (microsatellites notamment) pour comparer les différentiations génétiques et phénotypiques. L’analyse de leur discordance permet d’estimer l’importance respective de la sélection et de la dérive dans la mise en place de la divergence phénotypique. Il s’agit d’une question centrale de l’évolution du phénotype encore peu abordée, et que des approches récentes, essentiellement morphométriques, tentent de résoudre à la fois aux niveaux infraspécifique et supraspécifique. Ces approches s’appuient sur la comparaison de la structuration des matrices de variations phénotypiques intraet inter-groupes (matrices des covariances entre descripteurs des formes, encore appelées matrices P).
L’intérêt de ces différentes approches nécessite qu’elles soient appliquées à une large gamme de taxons et de contextes biologiques, et notre équipe bénéficie de ce point de vue d’un environnement très favorable au sein de l’UMR et du Muséum en général. Cependant, le rôle central joué par ces matrices P – substituts des matrices génotypiques (matrices G) dans ces approches - pose le problème crucial de la validité de leurs estimations. Substituer les matrices P aux matrices G implique notamment leur (relative) invariance aux effets de l’environnement et suppose donc une faible plasticité phénotypique des descripteurs utilisés.
Tester l’influence de l’environnement sur la structuration des matrices P s’inscrit donc naturellement comme prolongement des projets du thème 1. L’étude de cette structuration passera en particulier par la comparaison des directions principales de variabilités des matrices P intra-et inter-groupes, encore appelées lignes ou directions de moindre résistance évolutive de Schluter, 1996 et qui structurent le modèle d’évolution par dérive. Enfin dans une dernière approche, des simulations et modélisations de l’évolution phénotypique (coll. M. Baylac et G. Marroig de l’Université de Sao Paulo) contrôlant différents facteurs (corrélations génétiques, apparentement et covariances sélectives) seront effectuées fin d’estimer la pertinence des modèles micro-évolutifs appliqués à des contextes macroévolutifs variés.
