Origine, Structure et Evolution de la Biodiversité
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Bases génétiques et développementales de la variation
La génétique quantitative a depuis longtemps formalisé de façon précise la contribution théorique des gènes et de l’environnement à la détermination de la variation phénotypique. Les avancées récentes en génétique moléculaire et en biologie du développement demandent aujourd’hui à être intégrées à ce formalisme dans une théorie moderne de la génétique de la variation morphologique (évo-dévo à l’echelle micro-évolutive = micro-évo-dévo). Ceci a été entrepris dans les dernières années sous deux angles différents et complémentaires : d’une part au travers de l’analyse de la corrélation entre la variation génétique et la variation observée a des locus neutres caracterisés moléculairement (QTL).
Cette approche utilisée actuellement dans notre équipe dans le cadre d’une collaboration avec l’institut pasteur (thèse Gaetan Burgio, Dir. X. Montagutelli, co-encadrement M. Baylac) est utilisée pour rechercher des gènes candidats, potentiellement responsables de la variation morphologique crânienne entre souris congéniques Mus spretus / Mus domesticus. Une deuxième approche se fonde sur le choix de modèles et de structures bien connus au plan développemental, comme l’aile de la drosophile, pour laquelle la quasi totalité des gènes impliqués dans la morphogénèse sont connus. Il s’agit alors d’utiliser des combinaisons de mutants disponibles dans les stocks génétiques internationaux et d’analyser leurs effets sur la morphologie.
Cette approche, rendue possible par les avancées considérables realisées sur les modèles classiques de la génétique, saute en quelque sorte l’étape de recherche de gènes candidats, pour passer directement à l’analyse de la compléxité du contrôle génétique du développement. Des collaborations entre V. Debat et Ian Dworkin, de l’université de Caroline du Nord d’une part, et Frédérique Peronnet, Sébastien Bloyer et Jean Deutsch, de l’université Paris VI d’autre part, sont en cours. Ces études ont pour objectif a courts termes d’étudier les effets respectifs des variations génétiques, environnementales, et aléatoires (asymétrie fluctuante) sur l’aile de la drosophile, et d’établir les liens entre les mécanismes de contrôle développemental correspondant (canalisation génétique et environnementale, plasticité phénotypique, et stabilité de développement).
