Ce chapeau de feutre, fait de poils de chameau, était porté par les bergers kurdes et les moissonneurs turkmènes, ainsi que par les conducteurs de chariots tirés par des ânes ou des mules pour transporter les récoltes. De forme conique, cette coiffure très protectrice est un élément du costume masculin dans le nord de l’Iran, dans les environs de Kirkuk et la région de Mossoul.
La fabrication
Sa fabrication résulte de la technique ancestrale du feutrage qui consiste à traiter mécaniquement et chimiquement la laine afin d'agglomérer, d'enchevêtrer les brins de façon compacte. Seuls les brins de laine présentant des aspérités peuvent feutrer. Les poils de la plupart des animaux ne possèdent pas cette propriété, mis à part les poils de certaines chèvres, de lapins, de castors ou encore les poils du chameau, qui sont à l'origine du feutre en Asie.
Après la tonte, les paquets de laine, non lavés, sont étalés sur une natte ou une pièce de tissus, pour être battus. Le battage se fait au moyen de bâtons souples pour rendre la matière touffue et légère et la débarrasser des impuretés : sable, petites pierres, brindilles. Plus les fibres seront fines et élastiques, mieux elles s'enchevêtreront au moment du feutrage.

L'enquête scientifique du 12 octobre au 31 décembre 2011 ©
 
De la fibre au feutre
Les fibres mélangées sont ensuite déposées sur un cône qui sert de moule pour façonner la forme du chapeau. Elles sont réparties de façon régulière, en plusieurs couches, pour que l'épaisseur du chapeau soit uniforme. Les couches de fibres sont humidifiées par de l'eau chaude pendant tout le temps que durera l'opération. Pour rendre l'interpénétration des fibres plus solides et obtenir un feutre plus épais, compact et résistant, on ajoute une solution acide ou alcaline (ou les deux) dans l'eau chaude.
La saponification
Le savon ou l'urine sont le plus souvent utilisés : les excréments de l'animal, avec le suit (acide gras) de fibre, contribuent à la saponification, augmentant le pouvoir feutrant. Les fibres sont lentement et longuement frottées entre elles : en tenant
la coiffe d'une main tout en percutant avec un maillet de bois la matière, et en serrant/étirant l'étoffe dans le sens de la largeur. C'est frottement des fibres entre elles, toujours sous présence de d'eau chaude, qui provoque le feutrage. Le volume du chapeau diminue de façon importante lors de ces pressions vigoureuses et donne son premier aspect de chapeau, qui est donc fait d'une seule pièce, sans aucune couture.
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