Le Jardin écologique
Ilôt de nature au sein du Jardin des Plantes, le jardin écologique accueille la faune et de la flore de l’ Île-de-France. A travers ses quatre milieux forestiers, c’est toute la diversité écologique du Bassin parisien qui y est représentée.
A gauche, l'anémone des bois, Anemone nemorosa, très commune dans les sols acides, fleurit entre mars et mai [Photo E. Goix, © MNHN]. A droite, des Campanules fausses raiponces, Campanula rapunculoïdes L. dans la prairie de fauche [Photo Philippe Barré, © MNHN].  
Un jardin « sauvage »
Créé en 1932 à l'initiative de Pierre Allorge, professeur au Muséum et titulaire de la chaire de cryptogamie, et Camille Guinet, ingénieur horticole au Jardin des Plantes, le jardin écologique est un enclos dévolu à la présentation des milieux naturels en Île-de-France. Dans cette région peuplée dès la Préhistoire, l'Homme a joué un rôle considérable dans la formation des paysages et des associations végétales. On peut admettre aujourd'hui que tous les ensembles écologiques en Île-de-France sont marqués par la main de l'Homme. Le Jardin écologique représente toute la biodiversité de cette nature domestiquée à travers des milieux très variés. L'intervention des jardiniers y est légère : l'endroit reste fragile. Ce sanctuaire écologique n'est donc accessible qu'en visite guidée, afin de le préserver. Le jardin écologique est aussi un lieu où spontanément insectes, mollusques, petits mammifères et oiseaux se sont installés.
La diversité écologique de l’Île-de-France en un seul lieu
Le jardin compte quatre milieux forestiers : une chênaie-frênaie sur sols calcaires, une chênaie-charmaie sur sols frais et riches, une chênaie-châtaigneraie sur sols acides et une ormaie sur sols nitratés et frais. La partie non forestière est constituée d’un champ cultivé en céréales selon des pratiques douces avec son cortège de plantes messicoles (coquelicot, bleuet, nielle des blés, chrysanthème des moissons…).
Afin de créer ce jardin unique, il a fallu modifier les sols et replacer des espèces selon leur regroupement préférentiel, sans en supprimer. Les plantes en effet ne poussent pas par hasard, elle se rassemblent en fonction de leurs exigences écologiques, pour former ce que l’on appelle des regroupements végétaux. Ce travail de restauration a permis de donner naissance à un véritable îlot de nature pour de nombreux animaux qui y ont élu domicile, y trouvant un lieu privilégié pour se nourrir ou se reproduire.
Une visite guidée au cœur de la faune et de la flore
Le visiteur traversera au cours de la visite guidée une prairie de fauche ainsi qu’une friche illustrant la reconquête spontanée par la flore d’un milieu abandonné par l’Homme. La visite sera également rythmée par une lande et une mare sur grès provenant de la platière de Fontainebleau (la platière est une végétation très particulière qui se développe sur des dalles de grés dans les petites mares. Ces mares sont temporaires car elles se créent dans les cuvettes de roches et s’assèchent en été). Plus loin, la vigne et son cortège d’espèces bulbeuses (gagée, ornithogale en ombelle, rare tulipe sauvage…) accompagneront le visiteur qui cheminera vers une nouvelle mare et ses berges humides, milieu fragile et riche en plantes protégées.

Une coccinelle, Coccinella septempunctada, posée sur une feuille de la vigne du Jardin écologique [Philippe Barré, © MNHN].
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