L'arboretum national de Chèvreloup est un véritable musée vivant de l'arbre, d'une superficie de 200 hectares. Il offre, à quelques kilomètres de Paris, dans le domaine national de Versailles, un panorama des essences de l'hémisphère Nord.
À gauche, feuilles de sorbier du Japon, Sorbus japonica. À droite, trois noyers d'Amérique ou noyers noirs, Juglans nigra [Photos L. Bessol, © MNHN].  
Un lieu où l'arbre est roi
Il fait bon flâner dans ce lieu de sérénité et de promenade rattaché au Muséum en 1922, date à laquelle l'architecte du domaine de Versailles et du Muséum met au point son projet intitulé Le Jardin de Jussieu, annexe du Muséum national d'Histoire naturelle. Les plantations débutent en 1924. Les arbres sont regroupés par famille et disposés en allées ou en cercles. Cet espace originel se retrouve dans l'actuelle zone systématique, qui couvre 30 des 50 ha de la partie visitable. Interrompues entre 1936 et 1960, les plantations se poursuivent désormais au rythme de plusieurs centaines d'arbres par an, selon un nouveau plan de répartition par continent : Europe, Asie et Amérique. Seule la partie consacrée à l'Europe est sur la zone ouverte au public. L'ensemble du site compte environ 12 000 arbres, représentant 2500 espèces. Parmi elles, des séquoias, de magnifiques cèdres de l'Atlas, des érables de tous les continents, des noyers d'Amérique, les fameux arbres aux 40 écus et toutes les espèces qui nous sont aujourd'hui familières : chênes, charmes, hêtres, sycomores, épicéas... Ce vaste domaine se visite aisément, grâce à des sentiers aménagés, ou plus à l'aventure en traversant les zones herbeuses. À voir aussi, avec un peu de chance, les animaux qui y vivent : quelques renards, toujours discrets, plus souvent des écureuils, hôtes des conifères, et surtout les lapins de garenne, qui creusent leurs galeries à l'abri des grands arbres et donnent du fil à retordre aux jardiniers...
Une collection de référence pour les botanistes
L'arboretum est un site d'observation privilégié de toutes les espèces arboricoles de régions tempérées et froides de l'hémisphère Nord : 217 espèces européennes, 37 du Caucase, 500 de Chine, 460 de Japon et de Corée, 700 d'Amérique du Nord. Sans compter les cèdres de l'Atlas, les pins et les rhododendrons... Il constitue une collection scientifique de référence pour les botanistes, généticiens et physiologistes qui étudient les conditions de développement, l'adaptation des essences aux climats tempérés et les maladies des arbres. Il répond aussi à une mission de conservation : 70 espèces menacées répertoriées, sur la liste de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Les tilleuls, les épicéas et les chênes sont des collections de référence inscrites au CCVS (Conservatoire des collections végétales spécialisées). Une zone horticole, fermée au public, abrite ce que l'on appelle des cultivars, c'est-à-dire des plantes qui n'existent pas dans la nature et que l'homme multiplie par greffe, bouture ou marcottage. Enfin, deux groupes de serres enrichissent les collections du Muséum : les serres horticoles où sont cultivées les plantes destinées à fleurir le Jardin des Plantes de Paris et les serres botaniques où est conservée une partie des collections tropicales du Muséum.

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Un rameau de Stachyrus praecox en fleurs [Photo L. Bessol, © MNHN].
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