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Tout un monde d'arbres
Lui, c'est un noyer noir, planté vers 1862 : en automne, ses feuilles se colorent d'or et contrastent avec bonheur avec son écorce d'un brun presque noir. Lui, un platane hybride, habitant des lieux depuis 1785... En suivant les allées du Jardin des Plantes, on multiplie les rencontres avec des arbres dont l'originalité ne réside pas forcément dans la beauté, la rareté ou dans la taille, mais dans leur histoire : ce sont des pieds introduits pour la première fois en France ou en Europe par des voyageurs naturalistes. Le Ginkgo biloba, l'arbre aux 40 écus, a été rapporté de Chine; le chêne vélani est originaire des Balkans, le chêne à gros fruits d'Amérique du Nord. L'arbre historique le plus ancien du Jardin des Plantes a aujourd'hui 366 ans : il s'agit d'un robinier de Robin (ou faux acacia). Originaire de l'est des États-Unis, il a été planté en 1636. Ce n'est plus l'arbre originel que l'on voit ici, mais des rejets de la souche mère, qui a disparu depuis longtemps... Signe de la réussite de son acclimatation : l'espèce est aujourd'hui largement répandue dans nos parcs.
Des histoires de savants et de découvertes
Ces arbres extraordinaires montrent le souci de préservation d'un patrimoine naturel et de conservation de collections historiques. Ils permettent aussi d'évoquer quelques-uns des grands noms qui ont marqué l'histoire du Jardin, comme Joseph Pitton de Tournefort, qui planta l'érable de Crète, ou Bernard de Jussieu qui, en 1734, ramena 2 cèdres du Liban dans son chapeau, car il avait cassé leur pot... L'un des deux fut planté dans le labyrinthe du Jardin des Plantes. Certaines de ces essences ont permis des avancées scientifiques et botaniques : c'est le cas du pistachier dont l'étude suscita la confirmation par Sébastien Vaillant, en 1718, de la sexualité végétale.
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