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De fragiles témoins
Boiseries et vitrines d'origine, pénombre, fraîcheur... Tout à coup, la sonnerie de l'horloge de Marie-Antoinette, confisquée pendant la Révolution française : vous êtes dans l'ancienne galerie des oiseaux de la galerie de Zoologie, entouré de 257 spécimens rares, parfois uniques au monde, témoins d'espèces ayant subi l'action destructrice de l'homme. C'est le seul endroit au monde où contempler un squelette d'émeu noir complet ou un spécimen monté du cerf de Schomburgk. Ou encore, un drôle de zèbre, le couagga, utilisé naguère comme bête de trait, ainsi qu'une tortue géante de l'île Rodrigues. L'arrêt s'impose aussi sur d'autres espèces, fragiles survivants aujourd'hui très menacés : le tigre de Sumatra, le coelacanthe des Comores (un poisson très ancien), la harpie féroce, ou, côté végétal, le bois de senteur blanc de la Réunion. Celui-ci, disparu à l'état naturel, a été réintroduit dans son milieu d'origine grâce à des boutures préservées et multipliées à l'arboretum de Brest. Mais environ 400 espèces de mammifères et d'oiseaux auraient disparu du fait de l'action de l'homme au cours des 4 derniers siècles.
Agir pour préserver
Même si les extinctions sont un phénomène naturel depuis l'apparition de la vie, le bilan présenté dans cette salle est alarmant. Il se fonde sur l'inventaire des espèces actuelles et considérées comme rares, vulnérables ou en danger, établi par l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Le statut de ces animaux est établi d'après des études sur l'état des populations, menées en partie par certaines équipes de recherche du Muséum. Ces actions s'inscrivent dans les programmes internationaux de préservation des espèces et des milieux de vie, ou de recherche de nouveaux modes d'utilisation des ressources naturelles, comme le développement durable.
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