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Depuis quand ? Les collections d'algues ont réellement débuté avec la création de la chaire de Cryptogamie en 1904. Mais certains spécimens sont plus anciens, notamment ceux qui ont été récoltés par Sébastien Vaillant vers 1700 en région parisienne.
Quoi ? La collection se compose d'un herbier, d'une algothèque et de nombreux dessins et aquarelles. L'herbier, particulièrement remarquable pour ses collectes du XXe siècle provenant des anciennes colonies françaises, comporte environ 570 000 spécimens du monde entier. L'algothèque, quant à elle, est une collection vivante d'algues d'eau douce. Elle compte actuellement 1000 souches répertoriées et informatisées, représentant 8 des principales classes algales. La plus vieille souche vivante a environ 60 ans ! Comment ? Les algues sont conservées sèches dans l'herbier, dans un liquide ou sous forme de préparations microscopiques. Les nombreux dessins, aquarelles et notes sont rangés dans la bibliothèque. Dans l'algothèque, les souches vivantes sont en majorité conservées sous forme liquide. Où ? Dans l'herbier et l'algothèque du Jardin des Plantes (fermés au public). Une collection de 1500 spécimens d'algues des côtes atlantiques est conservée à la station de Biologie marine de Concarneau ; une autre de 1200 spécimens est conservée à la station marine de Dinard. Environ 15 % du règne végétal
Elles sont bleues, rouges, jaunes, doré et brun ou encore vertes. Elles représentent plus de 90 % des végétaux marins et 18 % du règne végétal, avec leurs 40 000 à 45 000 espèces. Les algues sont des organismes parmi les plus anciens de la Terre, extrêmement variés tant par leur taille et leur forme que par leur structure cellulaire. Elles vivent en milieu aquatique ou très humide, seul endroit où elles peuvent se reproduire, car l'émission des cellules sexuelles et leur rencontre ne sont possibles que dans l'eau.
Championnes des milieux extrêmes
Présentes dans le monde entier, elles occupent toutes les étendues d'eau ou tout milieu terrestre où le taux d'humidité reste élevé. Celles qui sont fixées sur les fonds, les rochers ou les animaux associés au fond sont les algues benthiques, celles qui flottent librement dans les eaux et sont soumises à leurs mouvements, les algues pélagiques. Elles existent depuis plus de 2,7 milliards d'années. Quelle faculté d'adaptation ! Certaines espèces survivent sur la neige ou la glace des régions polaires ou montagneuses, d'autres supportent les températures élevées des sources d'eau chaude. D'autres encore subsistent dans les sols sablonneux ou les déserts. Une espèce d'algue rouge se développe à une profondeur de 268 m : on ne connaît aucun autre végétal capable de vivre à une telle profondeur...
Recherche et applications
L'herbier d'algues du Muséum joue surtout un rôle de référence pour les études taxinomiques, phylogénétiques et de biodiversité. L'algothèque est précieuse pour analyser l'impact de certains micro-organismes sur la santé humaine : ainsi, dans certains lacs d'eau douce, on découvre parfois des micro-algues toxiques que l'on soumet pour étude au Muséum. L'algothèque fournit aussi des souches de référence pour tester la qualité des eaux rejetées par les industries. On expérimente également sur les algues certains herbicides pour en mesurer la toxicité.
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