Une plante, le champignon ? Perdu ! Car il n'opère pas de photosynthèse, comme l'ensemble des végétaux. Le Muséum, en mycothèque ou en herbier, conserve une des plus grandes collections du monde de ces organismes à part.
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L'art de conserver le champignon
Le champignon - comme l'algue - ne se laisse pas facilement sécher et ranger en herbier. C'est pourquoi la collection de spécimens est très étroitement liée à celle d'aquarelles, d'illustrations ou de modèles de cire. Ce sont en effet des témoins tout à fait fiables en termes de perception des couleurs : les couleurs des spécimens conservés en herbiers passent avec les années, celles des aquarelles subsistent.
 
Depuis quand ? La collection est constituée depuis la création de la chaire de Cryptogamie en 1904. Les plus anciens spécimens ont été récoltés par Sébastien Vaillant, vers 1700, en région parisienne.
Quoi ? Un herbier, une mycothèque et des modèles en cire. L'herbier comprend 500 000 spécimens, la mycothèque 4000 souches vivantes, et il y a 420 modèles en cire colorée, réalisés par André-Pierre Pinson, chirurgien-major sous Louis XVI, pour instruire le public et éviter les empoisonnements, représentant des champignons de la région parisienne.
Comment ? Les champignons sont surtout conservés secs dans les herbiers, mais aussi en alcool ou sous forme de préparations microscopiques. Dans la mycothèque, les souches sont maintenues à l'état de vie latente par congélation et lyophilisation. Il existe aussi de nombreuses aquarelles et photographies, associées ou non à ces spécimens.
Où ? Les casiers d'herbiers sont stockés sur les 2 étages de la galerie de Cryptogamie. Les aquarelles sont rangées dans des boîtes d'archives au pH neutre, dans la bibliothèque. Un salon annuel du champignon, organisé chaque mois d'octobre au Jardin des Plantes, permet aux visiteurs d'identifier les espèces.
Un règne à part
Ni plante ni animal, le champignon forme un règne à part, avec 100 000 espèces. La classification actuelle l'a exclu du monde végétal parce qu'il se nourrit toujours de quelque chose (d'un être vivant, comme la vigne, si c'est un parasite, ou d'un élément mort, comme une souche), caractéristique qu'il partage avec les animaux. Certains champignons sont microscopiques, d'autres pèsent plusieurs kilos !
Omniprésence
Attention ! Il est partout : dans l'air que l'on respire, dans notre organisme, dans notre nourriture, sous de nombreuses formes. Le mildiou qui attaque nos tomates, c'est lui ; les moisissures de nos caves, les veines bleues de nos fromages, certains composants des médicaments antibiotiques, c'est encore et toujours lui. Dans la nature, il présente une partie visible, celle que l'on cueille (ou que l'on évite, sous peine d'intoxication plus ou moins aiguë) et qui est provisoire, et une partie cachée et stable, dans l'humus ou la terre : le mycélium. Adapté à des modes de vie très variés, le champignon a colonisé tous les milieux, terrestres ou aquatiques.
Recherche et applications
La collection de l'herbier a avant tout pour mission de rassembler des spécimens de référence comme support aux études de systématique et de phylogénie. Quant à la mycothèque, elle constitue un réservoir vivant qui intéresse les scientifiques (notamment en systématique et en chimie), les enseignants et les industriels qui cherchent à produire des molécules intéressantes ou à étudier certains phénomènes comme la dégradation enzymatique, la résistance aux biocides, la sensibilité aux antibiotiques, etc.
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