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Une mise en bocal attentionnée
Après avoir été pêché, ce poisson a été identifié, numéroté, étudié, puis préparé pour être conservé dans les collections : on l'a trempé dans le formol pendant quelques semaines pour le fixer, en maintenant les nageoires bien déployées à l'aide de petites épingles, on l'a ensuite attaché à un fond bleu et mou en PVC avec deux bouts de ficelle, on y a accroché une étiquette perforée avec le numéro d'inventaire (1964-0019), puis, après l'avoir rincé à l'eau douce, on a plongé le tout dans un bocal d'alcool à 85%, la tête du spécimen vers le haut.
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Une grande gueule et des nageoires efficaces
La tête du poisson est énorme par rapport à son corps filiforme. Sa bouche contient une grosse langue et une série de dents minuscules qui ne servent pas à grand chose... Le Channichthys peut passer des heures sur le fond, calé sur ses 2 nageoires pelviennes et sa nageoire caudale, la gueule ouverte, en attendant qu'un petit poisson ou un crustacé passe par là. Dès que la proie est repérée, il bouge ses nageoires pectorales, fait un bond, happe l'animal et l'avale tout cru. Le Channichthys mange ainsi tout ce qui bouge à proximité... heureusement qu'il n'y a pas de bête urticante ou indigeste dans les parages.
Un antigel naturel
Le sang du Channichthys est incolore car il ne contient pas d'hémoglobine, mais un autre pigment qui permet au poisson de ne pas geler à une température très basse. C'est une des particularités des " poissons des glaces " vivant dans les zones sub-antarctiques. Leur biologie et leur physiologie sont très étudiées. Les collections du Muséum renferment 1350 bocaux contenant 8800 poissons de 114 espèces différentes, pêchés dans ces zones.
Celui-ci est le deuxième spécimen de cette espèce à être entré dans les collections du Muséum. Le premier était entré en 1890, il y a plus de 100 ans. |








