Siam dans la Grande Galerie de l'Évolution [ Photo B. Faye, © MNHN ].
 
De 1964 à 1997, Siam, grand éléphant mâle d’Asie, enchante les visiteurs et laisse un souvenir impérissable au Muséum. En 2001, il entre au « panthéon des animaux » après sa naturalisation, il est exposé dans la Grande Galerie de l’Évolution.
La jeunesse de Siam
Siam naît en Inde en 1945 et commence sa carrière comme éléphant de travail dans des exploitations forestières. Comme nombre de ses congénères, il est dressé pour aider l’homme en tirant et en poussant les arbres. En juin 1965, Siam arrive de Calcutta après avoir été racheté sur photo par le cirque national suisse, le cirque Knie. Son dresseur, Ruppert Bermmel, se souvient de son allure malingre et des soins apportés par les gens du cirque pour lui « refaire une santé ». Son dressage commence alors, mais il faut lui désapprendre le travail pour lui enseigner le jeu et les numéros de cirque. Son apprentissage dure un an, les ordres sont donnés en Indien (sa langue maternelle) et en anglais. Siam s’avère très doué, il apprend vite et n’a peur de rien, son dresseur dit de lui : « d’un éléphant de travail, nous avons fait un artiste ». Il visite l’Europe (l’Allemagne, l’Autriche, la Suède, l’Angleterre et la France) et enthousiasme les spectateurs. Sa taille imposante étonne, notamment ses défenses immenses, surprenantes pour un éléphant d’Asie.

Siam juste après sa naturalisation [Photo B. Faye, © MNHN ].
 
Siam au Muséum
Siam prend ses quartiers au Parc zoologique de Paris où il va faire le bonheur des enfants. Sa taille et son poids impressionnants (plus de 3 m au garrot, poids entre 6 et 7 tonnes) et ses défenses hors du commun attireront un public de plus en plus nombreux.
Ses soigneurs reconnaissent volontiers que cet éléphant a une « sacrée personnalité » et que c'est même un « sacré blagueur ». Ainsi, Siam n'hésite pas à assaillir le boulanger de projectiles divers à son arrivée matinale et ce, jusqu'à qu'il lui jette un morceau de pain. De même, il « chipe » de temps en temps les seaux de nourriture et les écrase comme des crêpes en prenant soin de les rendre après à ses soigneurs. En 1997, Siam décède à l'âge de 33 ans - âge très avancé pour son espèce.
Un éléphant d’Asie
L’éléphant d’Asie appartient à l’ordre des Proboscidiens et à la famille des Eléphantidés. Son anatomie est bien particulière comparée à celle de l’éléphant d’Afrique. La tête de l’éléphant d’Asie comporte deux bosses frontales séparées par un creux. Il a un ventre presque horizontal ou « affaissé ». Les défenses des mâles d’Asie sont moins longues que celles des mâles d’Afrique. La femelle d’Asie en est d’ailleurs dépourvue ou en a de très courtes. Les deux espèces se différencient aussi très facilement par leurs oreilles, petites et triangulaires chez celui d’Asie, très grandes et arrondies chez celui d’Afrique. Enfin, la trompe de l’éléphant d’Asie porte un seul appendice digitiforme assez allongé alors que l’éléphant d’Afrique en a deux. La Birmanie et l’Inde abritent les populations d’éléphants d’Asie les plus importantes. Habitants de la forêt et de la jungle, ces éléphants se nourrissent presque exclusivement d’herbes et de plantes tendres et consomment jusqu’à 200 kg de fourrage par jour ! Ils sont actifs la nuit et aux heures fraîches de l’aube et du crépuscule, leur principales activités étant la recherche de nourriture et la baignade. Ils vivent en groupes composés au minimum de 4 individus, pouvant atteindre jusqu’à 20 individus. Chaque groupe est dirigé par la plus ancienne des femelles. Les mâles sont solitaires et s’approchent des groupes uniquement pour se reproduire.
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