PRÉSENTATION
La Collection des Roches Endogènes (littéralement « formées à l'intérieur du globe terrestre ») est conservée dans les locaux de l'ancien Laboratoire de Minéralogie du Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN), site actuel de l'unité scientifique du Muséum « Minéralogie-Pétrologie » (USM 201) dépendant du Département « Histoire de la Terre ».
Comme la plupart des collections conservées au MNHN, la collection des Roches endogènes est l'aboutissement de deux siècles de collectes sur le terrain et de dons. Le fond le plus ancien est constitué de roches collectées et classées selon les critères de l'époque par René Just Haüy (1743-1822). Cependant, la mise en valeur de l'ensemble de la collection, comprenant environ 22 000 échantillons et plus de 80 000 plaques minces pour microscope, est due à Alfred Lacroix (1863 -1948) qui a établi une première classification des roches éruptives suivant des critères modernes (texture, composition minéralogique et chimique des roches). Au cours de la seconde moitié du XXème Siècle, la collection a été périodiquement enrichie par les recherches en Pétrographie menées dans le domaine du manteau terrestre (péridotites), des roches éruptives basiques et des roches métamorphiques formées sous des pressions et/ou des températures élevées (granulites, éclogites). Un ensemble de 6000 échantillons collectés par les Grands Voyages Géologiques du XIXème Siècle (en particulier Beudant (1787-1850), propriété du Collège de France, est en dépôt dans la Collection des Roches Endogènes.

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Microphotographie d'une roche du manteau terrestre (Péridotite) au microscope polarisant. Grossissement 100 fois.
[Photo J.P. Lorand] |
La Collection des Roches Endogènes est un ensemble unique en France. Son intérêt scientifique, conséquence principale des travaux d'Alfred Lacroix, réside dans sa diversité. Elle présente un inventaire exhaustif de la Géodiversité puisqu'elle comporte, à côté des roches endogènes communes, tous les types de roches rares ou très rares provenant de gisements disparus ou actuellement inaccessibles. Elle illustre également beaucoup de phénomènes géologiques (déformation des roches, effet de la foudre sur les roches...). Cette collection possède de plus un intérêt patrimonial historique puisqu'elle présente un véritable état des lieux pétrographique de l'ancien empire colonial français (Afrique du Nord, Afrique Occidentale, Afrique Équatoriale ; Madagascar, Indochine) et des campagnes de prospection qui y étaient menées, souvent en relation avec des personnalités de l'époque (ex : expéditions Charcot et Paul-Émile Victor). De nombreux documents écrits ou iconographiques de cette époque sont conservés à côté de cette Collection.
ACTIVITÉ
Ces dernières années, l'effort de rénovation de cette collection porte sur le conditionnement des échantillons et l'informatisation de l'ensemble des données scientifiques disponibles qui leur étaient associées. Un catalogue des roches rassemblées par A. Lacroix et ses successeurs est maintenant accessible à tout public. Des informations iconographiques sont disponibles pour un certain nombre déchantillons. La nomenclature utilisée par A. Lacroix pour classer les roches et reproduite dans ce catalogue a considérablement évolué au cours du siècle dernier et est na plus maintenant quun intérêt historique. Une remise à jour de cette nomenclature aux normes internationales est en cours. L'objectif est de constituer à terme une véritable banque de données permettant une illustration didactique de qualité des différents phénomènes géologiques actifs dans les domaines profonds de notre planète. Dans ce cadre, l'enrichissement de la collection porte essentiellement sur l'acquisition des types de roches définis durant les deux dernières décennies et ayant déjà fait l'objet d'études scientifiques approfondies. Une part de ces acquisitions reflète les activités de recherche de l'USM 201 et de lUnité de Recherche Mixte 7160 « Minéralogie-Pétrologie ». Des échantillons esthétiques permettent d'illustrer les expositions temporaires ou permanentes réalisées par le Muséum national d'Histoire naturelle :
« Âges de la Terre » -
« Diamants » -
« Volcans Meurtriers ».
L'ensemble des échantillons peut faire l'objet de prêts temporaires pour des études scientifiques ou historiques ainsi que des expositions extérieures au Muséum national d'Histoire naturelle. Ces prêts sont soumis à une réglementation particulière. Toute demande doit être impérativement enregistrée sur le site suivant :
http://colhelper.mnhn.fr/.
La Collection des Roches Endogènes peut être visitée sur demande écrite auprès du chargé de Collection ou au du directeur de l'USM 201.
Contacts
Gabrile Carlier, chargé des collections des roches endogènes
Responsable des prêts : Gabrile Carlier
Courriel :
http://colhelper.mnhn.fr/
Adresse : Département « Histoire de la Terre », USM 201, Muséum National d?Histoire Naturelle, CP 52, 61 rue Buffon, 75005 Paris.
Conditions d'accès aux collections : visite sur demande écrite uniquement pour les professionnels chercheurs.
Conditions de prêts :
Pour en savoir plus...
Les collections de Géologie ont été constituées à partir du début du XIXe siècle. Elles comprennent près d'un demi-million de spécimens de roches sédimentaires, magmatiques, métamorphiques, de minerais, de fossiles et de minéraux. Le redécoupage récent des collections du Muséum place cette collection historique à l'intersection entre les collections de Roches Endogènes, Roches Exogènes (l'essentiel des collections de Géologie), Fossiles (Vertébrés et Invertébrés) et la Collection Océanique.
A travers cette diversité, les collections de Géologie constituent un véritable échantillonnage de l'ensemble de la surface solide du globe, de l'Archéen à l'actuel.
Ces collections sont organisées en 3 grands types qui reflètent l'évolution des idées et des méthodes de recherche en géologie.
- Les collections générales, dites aussi « géographiques » (car elles sont classées par Pays ou région), comprenant plus de 200 000 lots, ont été récoltées principalement au XIXe siècle et jusqu'à la seconde guerre mondiale à la faveur de voyages et d'explorations scientifiques. C'est par exemple le cas de la collection Cordier, qui illustre la volonté des géologues de l'époque de définir et de classifier l'ensemble des roches en tenant compte de leurs caractères physiques, chimiques et minéralogiques.
- Les collections stratigraphiques, riches de plus de 100 000 lots, sont les supports de l'établissement des premières échelles des temps géologiques, dans la seconde moitié du XIXe siècle. On étudie alors les roches par rapport à leur contenu en différents groupes fossiles permettant de les dater (surtout des invertébrés). C'est l'époque de la paléontologie stratigraphique. On peut citer à ce titre la collection du Lutétien, un étage géologique de l'ère cénozoïque défini en 1893 par Albert de Lapparent d'après les couches sédimentaires affleurant dans les environs de Paris, et encore valide aujourd'hui dans l'échelle stratigraphique internationale. Les collections stratigraphiques comportent d'autres stratotypes de référence, notamment des stratotypes français, et parfois présentés sous forme de forages carottés.
- Les collections modernes, comprenant quelques dizaines de milliers d'objets, sont issues de la volonté d'illustrer les processus de formation des roches, à l'instar de la collection Cayeux. Il s'agit alors de constituer des bases de données très spécifiques, en relation avec des disciplines de pointe, comme la paléoclimatologie. On peut citer à ce titre la collection d'évaporites (roches formées par la précipitation de sels dans des bassins marins ou lacustres) ou encore la très particulière collection océanique.