MOTS CLÉS
Anthropologie, Cordier, histoire des sciences, momie, ostéologie, paléontologie, pathologie, phrénologie, sculpture, squelette.

Présentation
Les réserves d'anthropologie biologique du Musée de l'Homme sont parmi les plus importantes au monde par leur diversité et constituent un matériel unique pour des recherches comparatives. Elles abritent environ 30 000 pièces ou lots.

La collection de restes humains fossiles originaux est en elle-même l'une des plus riches (avec plus de 600 éléments de provenance et d'époque diverses). Il s'agit notamment :
- de Néandertaliens célèbres : La Chapelle-aux-Saints, La Ferrassie, La Quina, Malarnaud, l'enfant de Pech de l'Azé ;
- d'hommes du Paléolithique moyen : Fontéchevade, Montmaurin ;
- d'hommes du paléolithique supérieur : Cro-Magnon, Abri Pataud, Aurignac, Grimaldi (Italie), Laugerie-Basse, La Madeleine, Oetrange (Luxembourg), Le Veyrier-sous-Salève (Suisse), Tam Hang (Laos)...
A cela s'ajoute une très importante collection de squelettes néolithiques provenant de sites divers : Abbeville, Almières, Les Beaumes-Chaudes, L'Homme Mort, Les Mureaux, la vallée du Petit Morin, Pinterville, Port-Blanc, Sauveterre, Vendrest, etc., Som Ron Sen (Cambodge), Cau Giat, Lang Cuom, Pho Binh Gia (Vietnam)...
Citons encore quelques pièces historiques qui ont fait l'objet de controverses scientifiques avant d'être considérées comme récentes : La Biscordine, Clichy, Grenelle, Moulin-Quignon, etc.

La collection d'anthropologie a été constituée en grande partie au cours du développement de cette discipine en France au XIXe siècle. Elle réunit des collections historiques, notamment :
- les moulages phrénologiques de François-Joseph Gall et de Pierre-Marie Alexandre Dumoutier (crânes et moulages de la tête de personnages célèbres ou obscurs du XIXe siècle) ;
- des moulages ethnographiques réalisés au cours d'expéditions scientifiques (plus de 1000 pièces) ;
- des momies égyptiennes, canariennes et sud-américaines (80 pièces)
- et, last but nos least, un ensemble ostéologique très diversifié (16 000 crânes, plus de 1000 squelettes, dont 360 squelettes montés, etc.).

Crâne de La Ferrassie I, Néandertalien
Cliché Daniel Ponsard, © Musée de l'Homme
La collection d'Anthropologie prend naissance avec le Cabinet de Curiosités, attaché à la chaire d'anatomie et de chirurgie du Jardin du Roi, créé en 1635. Il s'agit alors de quelques préparations anatomiques, de pièces pathologiques et de modèles de cire. Mais c'est sur cette collection, qui a déjà une vocation didactique, que va se bâtir l'une des plus grandes collections anthropologiques du monde. Au XVIIIe siècle, les pièces sont encore des curiosités isolées, collectées pour le Jardin du Roi, telles la " main verte " de Méry-sur-Oise ou la momie gauloise des Martres-d'Artières. Après la Révolution, la création du Muséum national d'histoire naturelle par la Convention permet de constituer des ensembles plus systématiques. Les collections d'anthropologie physique connaissent un très grand essor au cours du XIXe siècle, à la faveur des grandes expéditions scientifiques qui accompagnent l'expansionnisme européen : voyage de Dumont d'Urville en Océanie et au pôle Sud (1840) sur l'Astrolabe, avec le phrénologiste Dumoutier (dont la collection sera définitivement acquise en 1873), expéditions de Steenacker au Japon, de René Verneau aux Canaries, de De La Vaulx en Patagonie, de Rouch en Afrique, etc. D'autres pièces sont rassemblées par Paul Broca, Baye, Cessac et Pinart, Créqui-Montfort et Sénéchal de La Grange, Daubenton, Auguste-Édouard Mariette-Bey, Marche, Verneau, Prunières, Vallois, etc. Au XIXe également sont entreprises en France diverses fouilles dans des sites préhistoriques ou protohistoriques qui ont fourni de nombreuses séries. Au XXe siècle, les collections s'enrichissent encore à l'occasion de fouilles préhistoriques ou à la faveur de grandes missions, comme la mission Dakar-Djibouti (Griaule), celle de la côte orientale du Groënland (Paul-Émile Victor et Robert Gessain) ou celle de l'Amérique du Sud (Emperaire).
La collection ostéologique comporte de nombreux objets témoins de pathologie osseuse, dont certains, devenus des raretés, sont d'autant plus précieux pour la recherche : acromégalie, rachitisme, Leontiasis ossea, syphilis, fractures et lésions d'origines diverses, trépanations, déformations intentionnelles, etc. (plus de 2000 pièces), et aussi 230 préparations anatomiques, un ensemble exceptionnel de crânes et de squelettes d'âge connu (dont la collection Portal et 140 squelettes de foetus), des pièces précieuses d'ethno-anthropologie (crânes gravés, surmodelés, têtes réduites ou "tsantsas" de l'Équateur, etc.). Sur le plan historique, la collection contient aussi les instruments de mesure provenant de la collection Paul Broca, témoignant des méthodes de l'anthropologie physique du XIXe siècle.
Activité
La collection générale d'Anthropologie est le support de recherches et d'études en anthropologie, médecine, stomatologie (dentaire), histoire des sciences et histoire de l'art, paléontologie, étude de variabilité, entre autres. Aussi fait-elle l'objet de collaborations avec l'EPHE, les départements de médecine des universités et elle est actuellement utilisée dans le cadre de recherches génétiques. Les demandes de prêt ou d'accueil doivent être enregistrées sur http://colhelper.mnhn.fr/
Sources d'information
L'ensemble de la collection est informatisé et consultable sur demande enregistrée à l’adresse suivante : http://colhelper.mnhn.fr/.
Contacts
Par Internet uniquement sur le site : http://colhelper.mnhn.fr/
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