N° 07 - mars 2011 : Conservation des manuscrits anciens : avec ou sans oxygène ?
Il était admis que laltération des papiers provoquée sur les manuscrits anciens par la présence dencres ferrogalliques résultait principalement de deux phénomènes : lhydrolyse et loxydation. Des scientifiques du Centre de recherche sur la conservation des collections (Muséum national dHistoire naturelle/CNRS/ministère de la Culture et de la Communication) et de lUniversité dAnvers en Belgique, viennent de démontrer que loxydation est le processus dominant de la dégradation des manuscrits. Ce phénomène pourrait être inhibé par une diminution drastique de la quantité doxygène. Menés notamment sur les synchrotrons SOLEIL et HASYLAB, ces travaux viennent dêtre publiés dans la revue Analytical Chemistry.
Les encres ferrogalliques sont généralement composées de sels de fer, de gomme arabique et dextraits aqueux de noix de galle. En Occident, ces encres noires ont été largement utilisées pour lécriture depuis le Moyen-Âge jusquau début du XXe siècle. Dans certaines conditions, elles provoquent une altération importante du support papier, qui devient brun et cassant, jusquà parfois tomber en poussière. Les informations portées par les manuscrits, souvent de véritables trésors du patrimoine, sont alors perdues.