Août 2010
N° 24 - Juillet : Le type d'interaction entre les espèces jouerait un rôle fondamental dans la stabilité des communautés écologiques
Elisa Thébault et Colin Fontaine, respectivement chercheurs à l’université de Wageningen (Pays-Bas) et au laboratoire « Conservation des espèces, suivi et restauration des populations laboratoire » (MNHN/CNRS), ont montré que l’architecture des réseaux favorisant la stabilité des communautés écologiques diffère fondamentalement entre les réseaux trophiques (« qui mange qui ») et les réseaux mutualistes (« qui pollinise qui »). Leurs résultats théoriques concluent que, pour être stables, les réseaux d’interactions mutualistes doivent présenter une architecture emboitée alors que les réseaux trophiques doivent adopter une architecture compartimentée. Cette différence d’architecture se retrouve dans un grand nombre de réseaux empiriques de pollinisation (mutualiste) et d’herbivorie (trophique). Ce travail est une avancée majeure pour mieux comprendre le fonctionnement et la stabilité des communautés. L’ensemble de ces résultats est publié dans la revue Science du 13 août 2010.

Les réseaux d’interactions écologiques représentent les relations entre les espèces au sein d’une communauté : par exemple « qui mange qui » pour un réseau trophique ou « qui pollinise qui » pour un réseau mutualiste plante-pollinisateur. L’architecture de ces réseaux représente la façon dont les interactions sont distribuées entre espèces ; une architecture compartimentée indique qu’un réseau est organisé en plusieurs groupes d’espèces interagissant davantage au sein des groupes qu’entre groupes (figure 1), alors qu’une architecture emboitée indique qu’un réseau est organisé autour d’un seul groupe d’espèces généralistes interagissant entre elles et avec les espèces plus spécialistes (figure 2). Quant à la stabilité d’une communauté (c’est-à-dire l’ensemble des espèces du réseau), elle caractérise la capacité de la communauté à résister aux perturbations.


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