N° 20 - Septembre 2009 : Clipperton, environnement et biodiversité d’un microcosme océanique
Clipperton, île française inhabitée du Pacifique Est, est le seul atoll corallien dans cette zone maritime. Ce bout de terre n’a toujours pas de résidents permanents malgré les occupations humaines passées. En 2004-2005, Jean-Louis Etienne s'entoure d’une trentaine de scientifiques et décide de passer 5 mois sur les 2 km2 de la partie émergée de l'atoll, convaincu de son intérêt géographique et scientifique. L'IRD et le Muséum national d'Histoire naturelle, partenaires de l'expédition, viennent de dresser l'état actuel de la biodiversité de l'île en synthétisant les résultats obtenus dans un ouvrage coédité par les deux organismes. À la merci de plusieurs menaces, « l'île de la passion » pourrait devenir une station de veille écologique précieuse.

Clipperton est un milieu austère. Cet environnement combiné à un isolement géographique et à un éloignement de l'arc indo-malais ne présageait pas une biodiversité très élevée, ce que les inventaires ont confirmé. Cependant cette expédition a permis d’augmenter le nombre d’espèces connues pour l'île (22 espèces en plus pour la flore marine, 92 pour les mollusques, 21 pour les annélides polychètes…).

Quelques espèces sont omniprésentes sur Clipperton, on y trouve ainsi la plus grande colonie de fous masqués au monde avec plus de 100 000 individus et la population de crabes terrestres Gecarninus planatus est estimée à plus d'un million. Clipperton a aussi été le siège d'invasions de vertébrés, la dernière en date remonterait à 1998 et concerne le rat noir dont l'éradication est urgente avant que des effets irréversibles n'apparaissent sur la faune et la flore locales.

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