15 avril - 1er novembre 2008
Jardin des Plantes
Les Solanacées
Comme chaque année depuis 1992, le Jardin des Plantes (Département des Jardins botaniques et zoologiques du Muséum national d’Histoire naturelle) organise en collaboration avec les enseignants, les chercheurs, les techniciens et les botanistes du Muséum, une exposition végétale thématique.

La famille des Solanacées : une diversité exceptionnelle

L’exposition prévue du 15 avril au 1er novembre 2008, dans le carré Lamarck du Jardin des Plantes de Parus, s'adressera au grand public, mais également aux scolaires, aux Sociétés d’Horticulture et aux associations pécialisées.
L’exposition végétale thématique sur la famille des Solanacées, aura pour but de faire découvrir cette importante famille pour l’homme (agriculture, horticulture, maraîchage mais aussi ethnobotanistes et chercheurs en pharmacie).
Les plantes de la famille des Solanacées ont été de tout temps récoltées dans la nature, puis cultivées dans les Jardins des Abbayes et des facultés de pharmacie. Le jasmin bâtard ou couronne du Christ, la belladone, la jusquiame, la douce-amère, la stramoine, la morelle et bien sûr la mandragore ou « herbe aux pendus », ont été utilisés dans la pharmacopée traditionnelle, en sorcellerie mais aussi pour la confection de certains élixirs monastiques.

Dès le retour du premier voyage de Christophe Colomb en 1492, les voyageurs-naturalistes ramenèrent des graines de Solanacées qui permirent d’enrichir nos cultures et font désormais partie de notre patrimoine agricole et horticole : tabac, tomate, pomme de terre, pétunia, piment, poivron, solandra, aubergine, physalis, nicandra, brugmansia, datura, et de nombreux solanum comme l’oeuf végétal, la poire melon et le morelles comestibles. Les espèces du genre Solanum ont été, autrefois, appelées par les jardiniers « morelles » ; ainsi la pomme de terre a été introduite sous le nom de morelle tubéreuse.

Durant toute la belle saison, des botanistes et des jardiniers participeront aux animations et conférences qui seront organisées dès le mois de mai et jusqu’à l’automne 2008. Toutes ces animations et conférences feront l’objet de communiqués particuliers.

Petite histoire sur les Solanacées

Cette famille de plantes comprend entre 3000 et 4000 espèces, réparties en 90 genres aux morphologies variées : arbres, arbustes, lianes, herbes vivaces ou annuelles. Bien que la famille soit présente presque dans le monde entier, la plupart des espèces croît dans les régions tropicales, et plus spécialement en Amérique du Sud. La famille des Solanacées revêt une grand importance économique car beaucoup de plantes ornementales (pétunia, datura, tabac…), industrielles (tabac), et surtout bon nombre de fruits et légumes (tomate, aubergine, piments et poivrons, pomme de terre…) en sont issus. A celles-ci s’ajoutent des plantes officinales, toxiques, voire hallucinogènes, que le folklore associe à des histoires mythologiques et aux rituels de sorcellerie, telles que la belladone, la jusquiame, la stramoine et la mandragore.

La recherche sur les Solanacées

En raison de l’importance économique des genres Nicotiana et Solanum, la plupart de la recherche sur la famille est actuellement réalisée par des équipes internationales (par exemple, Planetary Biodiversity Inventory-Solanum project). Cependant, les Solanacées sont aussi l’objet d’études plus particulières au Muséum national d’Histoire naturelle. Par exemple, un nouveau genre endémique de Madagascar, appelé Tsoala, a été décrit par un botaniste de l’Herbier et ses
collègues en 1992. De plus, dans le cadre de la rédaction de la Flore de Madagascar, l’étude complète de la famille a été publiée en 1994 par le Muséum.

Une anecdote : le mystère des traces de tabac dans les momies égyptiennes
En 1976, l’étude botanique de la momie de Ramsès II a été confiée au Muséum, en la personne du Dr. Michèle Lescot, spécialiste en anatomie végétale de l’Herbier national. Elle fit une découverte sensationnelle : des fragments de feuilles de tabac, parmi les débris végétaux du baume viscéral de la momie. Cette identification la laissa perplexe et provoqua les railleries de ses confrères car le tabac pousse naturellement en Amérique, et est donc censé arriver dans
l’Ancien Monde plus de 2500 ans après la mort de Ramsès II !
La découverte sera cependant confirmée par plusieurs autres botanistes européens et par un entomologiste du Muséum, le Dr. J. R. Steffan, qui découvrit la présence d’un coléoptère parasite du tabac dans ces mêmes fragments végétaux. Enfin en 1992, des analyses toxicologiques effectuées en Allemagne révèleront que les baumes et les cheveux prélevés sur des dizaines de momies royales et princières contiennent de la nicotine, composant du tabac, et ce en proportions parfois très importantes.

Les Solanacées au Muséum national d’Histoire naturelle

Les Solanacées sont bien représentées dans les collections scientifiques du Muséum, que ce soit dans les collections vivantes réparties sur ses différents jardins, que dans les collections de l’Herbier national où elles constituent un important matériel d ‘étude pour les chercheurs du monde entier.

Les Solanacées à l’Herbier de Paris

En raison de leur intérêt scientifique et économique, les Solanacées tropicales ont été choisies pour être intégrées dans un projet international de base de données sur la biodiversité mondiale (GBIF). De plus, l’informatisation des échantillons de Solanacées d’Europe est en cours et pourrait être terminée à la fin de l’année. Cela représente au Muséum un total de près de 40 000 échantillons d’herbiers dont environ 15 000 pour le genre Solanum à lui seul.
Cette collection de Solanacées, de grand intérêt patrimonial, compte plus de 1000 types, c’est-à-dire plus de 1000 spécimens ayant servi de référence pour la description de nouvelles espèces.

Dans les jardins du Muséum national d’Histoire naturelle

Les collections végétales vivantes du Muséum comprennent près de 250 espèces et variétés de Solanacées. Les variétés ornementales les plus forifères (pétunias, tabacs …) sont un élément important du fleurissement estival des parterres du Jardin des Plantes, tandis que des espèces médicinales ou toxiques sont représentées dans les collections ethnobotaniques.
Les Solanacées étant pour la plupart originaires des climats chauds, elles sont quasiment absentes des jardins alpins de Paris et de Samoëns, mais sont représentées dans les Serres Tropicales du Jardin des Plantes et de l’Arboretum de Chèvreloup. Le site le plus méridional du Muséum, le Jardin botanique exotique du Val Rameh à Menton, en a même fait depuis longtemps une de ses spécialités. En effet, Miss Maybud Campbell, la botaniste passionnée d'horticulture qui a légué ce jardin au Muséum en 1966, a développé à partir des années 50, une belle collection de Solanacées et en particulier de Brugmansia, arbustes tropicaux plus connus sous le nom de Trompette des Anges. Cette collection a été entretenue et enrichie jusqu’à nos jours par les jardiniers du Val Rameh.

Contact :
Claude Bureaux
MNHN – DJBZ – Mission de la Diffusion des Connaissances et de l’Action Educative
Jardin des Plantes – CP45
43 Buffon – 75005 Paris
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