Le 18 juin 2001
La microstructure des embryons de dinosaures carnivores du jurassique du Portugal révèle les secrets de leur croissance
Les restes rarissimes d'embryons dans l'oeuf et de nouveau-nés de dinosaures sont actuellement l'objet d'un intérêt soutenu car ils permettent d'analyser divers aspects de la biologie des dinosaures, en particulier leur croissance. Le matériel disponible jusqu'à présent comprenait surtout des restes d'embryons et de juvéniles de dinosaures végétariens du crétacé supérieur, vivant il y a 70 millions d'années.

Une équipe franco-portugaise vient de décrire l'histologie osseuse d'embryons de dinosaures carnivores (théropodes) du jurassique supérieur (150 millions d'années) provenant du gisement de Lourinha, situé à 60 km au nord de Lisbonne (Portugal). Cet extraordinaire matériel d'âge jurassique permet de reculer dans le temps et d'augmenter de façon détaillée notre connaissance de l'ostéogenèse précoce et de l'acquisition de la forme chez les dinosaures carnivores, un groupe que de nombreux paléontologues considèrent comme se situant à l'origine des oiseaux.

Ces travaux de MM. Armand de Ricqlès, Octavio Mateus, Miguel Telles Antunes et Philippe Taquet sont présentés dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences, série " Sciences de la Terre et des planètes ", juin 2001.

Les mécanismes généraux de la croissance en longueur et en diamètre des os sont fondamentalement les mêmes chez tous les animaux à 4 pattes (ou tétrapodes : amphibiens, reptiles, oiseaux, mammifères). Toutefois, chaque groupe montre certaines caractéristiques et spécialisations particulières. À cet égard, l'analyse des squelettes embryonnaires des dinosaures carnivores a pu être comparée à celle d'autres groupes : tortues, crocodiles, oiseaux.

Il a été possible d'en déduire que, pour les croissances diamétrale et longitudinale de divers os, les embryons de dinosaures partagent déjà avec les oiseaux certaines spécialisations dans les mécanismes de la croissance, plutôt qu'ils ne ressemblent à des tortues ou à des crocodiles au même stade. Comme ces spécialisations partagées sont fonctionnellement associées à une croissance très rapide, on peut penser que les dinosaures carnivores disposaient déjà de certaines caractéristiques physiologiques évoluées qui se retrouveront chez leurs descendants les oiseaux.

Pour complément d' information :
Isabel Mateus, Horacio Mateus, Miguel Telles Antunes, Octavio Mateus, Philippe Taquet, Vasco Ribeiro et Guiseppe Manupella, 1997. " Couvée, oeufs et embryons d'un dinosaure théropode du jurassique supérieur de Lourinha (Portugal) ". C. R. Acad. sc. Paris, " Sciences de la Terre et des planètes ". 325. 71-78.

J. Horner, K. Padian et A. de Ricqlès, 2001. " Comparative osteohistology of some embryonic and perinatal archosaurs : developmental and behavioral implications for dinosaurs ". Paleobiology 27 (1) : 39-58.

Pour toute information scientifique, s'adresser à :
Armand de Ricqlès
ER, Formations squelettiques, UMR CNRS 8570 et Collège de France
Université Paris VII, case 7077
2 Place Jussieu
75251 Paris Cedex 05
France
Mél : ricqlès@ccr.jussieu.fr

Octavio Mateus
GEAL-Musée de Lourinha
Rua Joao Luis de Moura.
2530 Lourinha
Portugal

ou
Centre d'études géologiques
Faculté des sciences et de la technologie
Université nouvelle de Lisbonne
Quinta da Torre
2825-114 Caparica
Portugal

Miguel Telles Antunes
Académie des sciences de Lisbonne
ou Centre d'études géologiques
Faculté des sciences et de la technologie
Université nouvelle de Lisbonne
Quinta da Torre
2825-114 Caparica
Portugal

Philippe Taquet
Laboratoire de Paléontologie du Muséum national d'Histoire naturelle
UMR CNRS 8569
8, rue Buffon
75005 Paris
France

Pour toute information à caractère général s'adresser à :
Geneviève Boulinier
Muséum national d'Histoire naturelle
Tél. : 01 40 79 54 40 - 41 - 42
Fax : 01 40 79 38 00
Mél : boulinie@mnhn.fr ou jolivet@mnhn.fr

Françoise Vitali-Jacob
Chargée de la communication de l'Académie des sciences
Tél. : 01 44 41 44 60
Fax : 01 44 41 43 63
Mél : presse@academie-sciences.fr
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