Né le 7 septembre 1707, Georges Louis Marie Leclerc est issu d'une famille bourgeoise de Montbard, en Bourgogne, enrichie peu après sa naissance par l'héritage d'un aïeul maternel. Son père, Benjamin François, président du grenier à sel, et donc fonctionnaire, épousa Anne Christine Marlin, dont l'oncle se trouve être un homme très riche. Il acquiert la terre de Buffon en 1717.
Jusqu'à 25 ans, Georges peut donc faire des études distinguées : le droit chez les Jésuites de Dijon, puis à Angers, la médecine, sans aller jusqu'au doctorat. Il voyagera en 1731, avec le jeune duc de Kingston, qui fait le tour de l'Europe en compagnie de son précepteur entomologiste et botaniste. Georges devient alors bilingue et s'initie aux sciences naturelles tout en découvrant le Sud de la France et l'Italie où il apprendra à Rome le décès de sa mère. Ce décès le fait riche et indépendant.
Il séjourne alors à Paris, chez Boulduc, apothicaire du roi, professeur au Jardin royal des Plantes et membre de l'Académie royale des sciences. Grâce à l'appui de ce dernier et du ministre Maurepas, Buffon entre à l'Académie des Sciences en 1733 en tant que spécialiste de mécanique. Véritable homme de salon et d'affaires, ses succès scientifiques se transforment également en succès financiers.
Très attaché à sa province, il vit à Montbard la moitié de l'année. Il rachète le domaine de Buffon, de la terre et des carrières. Il y installera en 1767 une forge qui emploiera jusqu'à 400 ouvriers. Pour régler la question d'énergie, il se met à résoudre des problèmes hydrauliques en surélevant le niveau de la rivière de l'Armançon. Il équipe un haut fourneau et pour l'alimenter, monte une importante entreprise forestière. Il se livrera à plusieurs expériences sur la résistance du bois à la demande du ministre de la marine. Il devient métallurgiste, ses forges fabriquant de tout : objets manufacturés, canons et grilles (que l'on trouvera dans le Jardin). Comme il lui faut des avis techniques éprouvés, il garde avec Paris des contacts avisés : le mathématicien Maupertuis, l'agronome Duhamel de Monceau avec qui il publiera plusieurs mémoires sur la sylviculture, les frères de Jussieu et Dufay, l'Intendant du Jardin du Roy.
Son amitié avec le duc de Kingston lui ouvre aussi des contacts outre Manche, il deviendra en 1738 membre de la « Royal Society » de Londres et convaincu de l'importance du microscope comme instrument de recherche.
En juillet 1739, s'offre une opportunité pour Buffon. Dufay, l'Intendant du Jardin, tombe gravement malade. Deux rivaux plus âgés et de notoriété scientifique plus assise sont pressentis pour sa succession. Des trois candidats, tous membres de l'académie royale des sciences, Buffon possède toutefois plus d'entregent et de chance. Grâce notamment à un nouvel appui de Maurepas, il est nommé par Louis XV intendant du Jardin et des cabinets d'histoire naturelle du Roi. Durant près de cinquante années, il « règnera » sur le Jardin royal.
Sa vie se partage alors entre Paris et Montbard. Au jardin où il passe les mois d'hiver, son action est particulièrement féconde : doublement de la surface des jardins, réorganisations par trois fois et enrichissement du cabinet d'histoire naturelle. S'il intervient peu dans les trois enseignements du Jardin : botanique, chimie et anatomie, il choisit lui-même le personnel scientifique avec une certaine perspicacité : Jussieu, Rouelle, Fourcroy, Daubenton, Lacépède et Lamarck.
Vers la fin de sa vie, l'intendant du Jardin du Roy est un grand personnage, auquel les princes d'Europe viennent rendre visite. Les Professeurs entretiennent des correspondances avec leurs confrères français ou étrangers. Tout participe au prestige de l'homme et du Jardin dont le renom et la zone d'influence sont portés par les voyageurs naturalistes par delà le monde. Emporté par une crise de gravelle le 16 avril 1788 au Jardin, il est enterré à Montbard.
Le tricentenaire de sa naissance est l'occasion de représenter ce personnage historique, homme de sciences et de lettres, qui a participé profondément à la renommée du Muséum, son enrichissement et son développement scientifique à travers le monde.
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