Actualités : grains de pollen fossiles dans l'ambre

L'étude du pollen fossile, extrait chimiquement des roches sédimentaires, est une composante essentielle de la paléo-palynologie. Cette discipline s'intéressait jusqu'à présent à la morphologie des grains et à la structure de leur paroi, le sporoderme, constituée d'une matière très résistante nommée sporopollenine.

Un affleurement de la couche d'"argile à lignite du Soissonnais" datant de l'Eocène inférieur (environ 55 Ma) récemment découvert dans l'Oise a livré une grande quantité d'ambre. Cette substance résulte de la fossilisation de la résine qui s'écoulait de certains arbres, par exemple à l'occasion d'une blessure. Elle renferme une quantité d'inclusions qui peuvent être observées du fait de la transparence habituelle de cette matière de couleur jaune doré.

L'observation attentive a permis d'y déceler des grains de pollen, impossibles à étudier in situ au fort grossissement du microscope : une méthode a été mise au point afin d'extraire ces grains, un à un, après ramollissement chimique de l'ambre. Ces grains présentent un état de préservation extraordinaire. Leur forme tri-dimensionnelle initiale a été parfaitement respectée par le "sarcophage" d'ambre et - surtout - leur contenu cellulaire est préservé, sous la forme d'une masse orangée plus ou moins rétractée selon les espèces : depuis leur sortie de l'anthère, jusqu'à leur incorporation dans la résine fluide sur laquelle ils ont adhéré, ces grains, pour la plupart d'entre-eux, sont restés exempts de contaminations bactériennes ou fongiques.
L'étude ultrastructurale et biochimique de leur contenu cellulaire a révélé la présence d'organites dont le probable noyau. Un projet concernant l'extraction de chaînes moléculaires éventuelles est en cours.

Arbre fossilisé
Un grain de pollen au MEB (Microscope Electronique à Balayage)